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Les smartphones font-ils plus de victimes que les radars détériorés ?

Ford révèle dans le détail des pratiques quotidiennes dangereuses, qui ne sont pas sans appeler une réflexion fondamentalement repensée sur les dangers de la route et de la rue…

 DVSM, 24 avril 2019. Un automobiliste qui renverse un piéton traversant la rue sans regarder ni à droite ni à gauche est presque toujours désigné responsable*. Pour rendre encore plus compliquée l’analyse d’un tel accident, il faudrait savoir si le piéton se trouvait très absorbé dans ce que son smartphone affichait. Et si, comble de malchance, l’automobiliste pour sa part lisait vite fait un SMS arrivé sur son… mobile préféré. Dans les environ 3000 décès annuels figurant au nombre des tués sur la route, près de 500 sont des…piétons. Or, selon une étude de Ford conduite par Yougov, de nombreux automobilistes (44%) déclarent consulter leurs smartphones au volant. Cette même étude révèle que de surcroît, chez les personnes avec un enfant à charge, ce chiffre grimpe à 59%.

Semblant tempérer cette réalité, majoritairement, la consultation de son smartphone se fait à l’arrêt ou à faible allure (64% aux feux rouges, 61% dans les embouteillages, 17% à faible allure en ville) ce qui, dans l’esprit des répondants, tend à minimiser le danger encouru. Faux…! Car arrive le moment où tout se débloque, ce qui suppose une attention accrue, compte tenu de la multitude des formes de redémarrage des uns et des autres, automobiles, cyclistes, scooters, motos, autobus, etc. Chacun amorce ce départ selon son idée, ses préoccupations (libres de vagabonder à ces instants perdus) et ses contraintes, sur des bases que les autres ne peuvent deviner. Le ralenti supposé sécuritaire n’occulte pas le fait qu’un tiers reconnaissent faire en roulant des utilisations de mobiles qui détournent l’attention (24% seul sur route, 10% sur route avec régulateur de vitesse).

Toujours selon cette même étude, lire ou rédiger puis envoyer des SMS au volant est le motif principal conduisant à regarder un smartphone chez ceux qui le font (62% et même 78% chez les 35-44 ans), suivi des appels téléphoniques. Plus étonnant, ils sont 14% à reconnaître naviguer sur les réseaux sociaux même 7% à prendre des photos tout en conduisant.

Quant aux cyclistes, qui figurent aussi parmi les nombreuses victimes de la route ou de la rue, ils sont 27% à révéler qu’ils consultent leur smartphone au guidon, et 65% des piétons interrogés en font tout autant. Une pratique qui prend des proportions énormes chez les plus jeunes. En effet, 91% des 18-34 ans s’adonnent à cet exercice devenant vite périlleux en marchant sur le trottoir ou même en traversant un passage piéton. Les conséquences sont aussi évoquées par les personnes interrogées. Dans les rangs des adeptes de la petite reine, 14% concèdent avoir déjà chuté dans de telles circonstances alors que 6% des piétons ont déjà eu un accident en marchant sur un trottoir alors qu’ils avaient les yeux rivés sur l’écran de leur mobile.

Les comportements à hauts risques ne sont pas nouveaux dans les transports et déplacements. Ne remontons pas à l’époque des diligences. Songeons seulement aux innombrables banlieusards tombés et parfois ayant roulé sous les roues d’un train dans lequel ils cherchaient à monter alors que celui-ci avait déjà commencé à démarrer. Et combien de billets de parterre ont été récoltés par ces retardataires qui, dans la capitale notamment, rataient la plateforme de l’autobus quittant son arrêt…? Tout naît du fait que ces déplacements se rangent dans la vie, au sens large, et non dans une action spécifique, voire professionnelle. Alors qu’un pilote dans son avion est supposé piloter et ne rien faire d’autre, l’automobiliste, le cycliste ou le piéton oublient dans le flux de leur quotidien des impératifs essentiels. Le smartphone est un élément de la vie d’aujourd’hui, et donc, il entraîne des comportements dangereux et provoque des accidents. Tout comme le livre ou le magazine en ont généré, pour des individus croyant pouvoir lire en marchant ou en conduisant…

Vitesse et radars relégués parmi bien d’autres risques. Chacun sent bien qu’en s’arc-boutant sur sa stratégie anti-vitesse et pro-radars, nos responsables passent à côté d’un ensemble d’éléments majeurs concernant la sécurité routière. La montée du nombre de victimes rendue publique pour ces derniers mois ne parvient pas à mettre en évidence le dépassement des limites qu’aurait facilité les défaillances des radars**. En revanche, la progression des victimes à pied ou en deux roues (vélos, scooters, motos) est sensible. Certes, la vitesse est un facteur important***, mais parmi beaucoup d’autres, dont des formes nouvelles.  Si Ford a lancé cette étude, c’est pour mettre en évidence la prise en compte de ces facteurs de risques notamment combattus à travers des dispositifs installés sur sa nouvelle Focus, et sur lesquels nous allons revenir tout prochainement.

* C’est le fruit d’une réglementation encore assez récente, qui n’a pas induit que de bons réflexes.

** Les statistiques dans ce domaine sont à prendre avec prudence, car elles ne tiennent pas compte (ou leur publication ne tient pas compte) des variations de l’ampleur du trafic, selon les périodes considérées. Il est clair, par exemple, qu’entre février 2018, avec des épisodes neigeux sérieux, et février 2019, parsemé de période printanières ou même quasi estivales, les amplitudes de trafic ne peuvent être similaires.  

*** Surtout dans un pays où les conducteurs, assez peu disciplinés, considèrent dans leur ensemble qu’une vitesse imposée est une limitation qui peut sans problème être en permanence légèrement dépassée)

Source DVSM

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