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Europe1, cherche vieille radio historique désespérément…

Dans le feuilleton sans fin des audiences, serait-ce le début d’une fin qui se profile à l’horizon…? L’ancienne station leader se retrouve bien esseulée dans le paysage… Parlerait-on déjà alliances, « reprise », cession…?

Visions Estivales – DVSM, 10 août 2019. Une radio sans un ton, ce n’est pas bon. C’est ce qu’a inexorablement perdu presque totalement –mais quand même pas complètement- cette célèbre radio, jadis turbulente riveraine de la rue François Premier à Paris. Vous, nous, enfin, tous ceux qui vivent, ont vécu ou vivront de l’électronique grand public et de ses prolongements, n’oublions jamais que c’est de la radio que tout est parti, et pour l’Hexagone et notre époque, de CETTE radio en particulier. Véritable référence radiophonique d’une France qui entrait dans une ère moderne, Europe1 se cherche désormais sans réellement se retrouver. Après l’après-guerre, les fondateurs de cette « périphérique » des ondes (émettant depuis le sommet d’une petite montagne sarroise) voulaient en fait bâtir une chaîne privée de télévision.

La radio ne constituait pour eux qu’une solution d’attente, celle d’une permission qui ne viendra jamais. Ces fondateurs avaient cependant un atout majeur, une foi devenue motivation dont seuls les vrais pionniers savent faire preuve. Avec un ton totalement inédit, nous y voilà, plaisant aux jeunes décideurs des années 50-60, puis aux jeunes « tout court », la pétillante et imaginative station pleine d’idées nouvelles avait relégué loin et pour longtemps sa concurrente de la rue Bayard, une « Radio-Luxembourg » pilotée routinièrement depuis Paris et le Grand-Duché, encore un peu comme la TSF d’avant-guerre. Longtemps, sous la houlette de Jean-Luc Lagardère*, Europe1 a conservé son statut de leader, malgré les efforts « d’en face » (dont la déterminante contribution de Philippe Bouvard), en servant aussi de charnière presque magique avec d’autres belles réussites Lagardèriennes. Qui se rappelle par exemple des victoires des Matra aux 24 Heures du Mans…?

 Eté 2001, Arnaud Lagardère (ici en compagnie de Richard Branson) a concrétisé la franchise qui fait du mégastore des Champs Elysées un énorme magasin Virgin, dédié aux produits culturels. Sans doute avec l’aval de Jean-Luc Lagardère, qui décédera en 2003.

Le pilotage d’Arnaud Lagardère, l’héritier, un tantinet pénélopisant (dans le sens mythologique et non fillonesque du terme) aurait-il quelque chose de démoralisant…?  Lui qui ne semble ne pas parvenir à éviter ce qui, doucement, fait se détricoter ce qui fut un réel empire bien dans son époque. Des sommets, le « 1647 mètres grandes ondes »**  en est arrivé à une situation qui ressemble à celle du centre-ville. Tombé bas, très relativement tout de même, si bien qu’on ne voit plus quelle recette pourrait non plus le relancer, mais déjà presque le ressusciter. Arnaud Lagardère n’a-t-il pas lui-même affirmé à plusieurs reprises qu’il faisait une affaire personnelle de cette radio et de son redressement…?

Une nouvelle désertion de voix dont certaines n’étaient déjà que rapportées (le –réel- talent d’Apatie sonnait quand même plus « RTL » qu’autre chose) vient en ce début d’été 2019 de relancer une petite brise de commentaires médiatiques. Mais au fond, l’erreur n’est-elle pas d’avoir cherché à greffer des voix venues d’ailleurs, dans une frénésie de changements catastrophique pour la fidélisation. En clair, ça n’apporte pas assez de nouveaux adeptes, mais chasse les vétérans qui ne s’y retrouvent plus.

« Et maintenant…? », comme l’aurait entonné -dans un Musicorama- un chanteur disparu, très lié à la station… Après la conquête un peu sauvage des ondes lors de l’éclosion des radios dites libres, il y a un bon quart de siècle, les choses se sont progressivement stabilisées, structurées. Mis à part tout ce qui vient d’être dit, Europe1 fait quand même encore et toujours partie du club des « grandes radios ». Mais elle navigue plutôt seule, surtout face à sa concurrente RTL (où les ex-voix d’Europe ne se comptent plus) désormais intégrée au groupe M6. On se prend à rêver d’un rapprochement –qui est loin d’être une fiction ou un fantasme- avec, par exemple, le groupe TF1. Qui, bizarrement, n’est complice d’aucune… grande radio. C’est dans un brouhaha médiatique duquel tout ce qui est extrait doit l’être avec des pincettes que ce terme de « cession » a peut-être été susurré. Arnaud avait ou aurait dit quelque chose comme « ça, non, jamais« … Mais… Il reste que même bien et richement accoquinée, une radio se doit non d’avoir de recruter des voix, mais de posséder les siennes. Un vrai défi…

* Comme cela est résumé notamment sur Wikipedia, Sylvain Floirat reprend en 1965, à la demande du gouvernement français, la station de radio Europe-n°1,  alors en difficulté. Il en fait très rapidement une des radios les plus populaires en France. Son fondateur initial, Charles Michelson lui avait vendu ses parts de la société, en 1956. Sylvain Floirat nommera  Jean-Luc Lagardère à la tête de Matra et de la station.

** Postérieurement recalé sur 183 KHz, soit 1639 mètres), et bien sûr entré sur les ondes de la FM, avec, selon nos constatations, quelques « trous » ou faiblesses de couverture.

Source DVSM

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