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Commerce et gare, une recette pas toujours très appréciée…!

Le commerce entre en gare, un mélange qui est à la mode, mais cette mode est-elle aussi pertinente qu’on l’affirme…?

 DVSM, 24 septembre 2019. Un client se rend dans un magasin, ou dans un autre. Mais rarement dans les deux à la fois. L’évolution de la gare Saint Lazare à Paris avait soulevé une vague admirative en particulier et en bonne logique portée par les initiateurs de cette transformation. Tout le monde semblait satisfait et content. Sauf certains responsables d’établissements du quartier de cette grande gare parisienne, qui ont pu voir leurs clients se déporter vers des points de vente situés dans l’enceinte même de ce qui s’appelait encore il y a 150 ans « l’embarcadère ». La tendance qui alimente ce genre de création tend à se développer. Le cas de la gare du Nord, toujours à Paris, appelée à une évolution identique, vient de soulever quelques émotions nettement plus marquées. Il s’agit, en nombre de voyageurs quotidiens, de la plus grande gare de la capitale, mais aussi de France et même d’Europe, avec des liaisons vers le Benelux, la Grande Bretagne (l’Euro-star), bien sûr les départements du Nord (agglomérations de Lille, Roubaix et Tourcoing, Valenciennes…), et surtout, chaque jour, des centaines de milliers d’usagers banlieusards, sans oublier les liaisons avec l’aéroport de Roissy, le parc d’expositions de Villepinte, etc.

Dans une récente chronique parue dans le quotidien Les Echos, le philosophe Gaspard Koenig déplore cette transformation toute proche. Il n’est pas le seul. Des voix se font entendre, déplorant la confusion entre l’esprit « gare » dilué dans une atmosphère de galerie marchande, d’où naît la quasi obligation pour les voyageurs de déambuler au gré des vitrines, parcours plus ou moins imposé qui peut finir par devenir fastidieux, là où un accès aux quais le plus direct possible restait moins gourmand en temps et en marche à pied. Certes, la gare Saint Lazare devait une part de sa célébrité à son immense « salle des pas perdus ». Mais la gare n’est pas ou plus depuis longtemps un lieu dominé par l’attente. Il suffit de contempler les foules qui, descendant des trains sitôt arrivées dans la capitale, entament plutôt une course haletante vers un bus, un métro ou un lieu de travail. A l’heure du retour, la cadence fébrile n’est pas véritablement moindre. Si certains voyageurs ont réussi à attraper au passage une baguette de pain, d’autres espèrent vite rejoindre leur automobile garée à proximité d’une gare de banlieue pour enchaîner avec une séance d’approvisionnement dans un centre commercial, un vrai. Parce qu’un pack de 6 eaux minérales et deux paquets de couches dans le train de banlieue, ce n’est guère commode…! Et s’il manque des œufs à la maison…!

Dans les voix qui regrettent cette métamorphose, il n’est pas difficile de discerner une sorte de réprobation face à cette manie consistant à vouloir copier pour les gares le modèle des aéroports.* L’un des ultimes atouts du train est de pouvoir y accéder deux ou trois minutes avant l’heure du départ, alors que l’avion impose d’être en avance à l’aéroport pour ne pas dépasser l’heure limite d’enregistrement, laquelle se prolonge d’un encore long moment avant l’embarquement. Et quand celui-ci est terminé, il faut de surcroît un temps « moyen ou un peu plus » pour qu’enfin, l’aéronef en arrive à décoller. L’attente « aérienne » justifie donc la possibilité d’un peu de lèche-vitrine…!

Toutefois, toutes ces considérations sont celles que l’on privilégie dans notre vie voyageuse. Pour tout acteur du commerce, c’est de remplacement qu’il faut parler. Les quartiers intra-muros des villes proches des gares sont en de nombreux lieux le pôle ultime où subsiste une activité marchande. Et en intégrant des points de vente à proximité des quais, le risque est énorme d’essouffler les établissements environnants. Comme de surcroît, des virtuoses du « surtout pas pratique » ne cessent de rendre inaccessible toute gare à l’automobile, la conséquence pourrait bien être de voir les clientèles non voyageuses en arriver à, elles-aussi, se déporter sur les zones commerciales de périphérie.

Source DVSM

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