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Altice a-t-il les moyens de ses ambitions

Le groupe de Patrick Drahi va-t-il pouvoir encore assumer sa boulimie d’acquisition ? C’est la question que certains analystes financiers commencent à se poser ouvertement. Jusqu’à présent Altice a profité de taux d’intérêt incroyablement favorable, mais la conjoncture est en train de tourner. La hausse des taux annoncée par la Réserve Fédérale Américain ainsi que les problèmes de l’économie chinoise agitent les marchés financiers et provoquent une remontée des taux. Du coup, les banquiers augmentent le taux d’intérêt des prêts, ce qui pèse naturellement sur l’endettement faramineux d’Altice : 45 milliards de dollars. L’action de la holding a perdu près de 20% depuis la fin septembre et celui de SFR plus de 10% ! Goldman Sachs qui poussait Patrick Drahi à multiplier les acquisitions commencent à jouer les pères la vertu. Un comble même si Goldman Sachs n’en est pas à une aberration près. La banque a tout de même bien voulu prêter 4,8 milliards de dollars de financement à Altice qui lui en demandait 6,3. Et en plus au taux de 9% contre 6% en janvier.

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Et comme en économie, c’est le delta qui fait levier, ces misérables 3% risquent de couter très cher au groupe de Patrick Drahi. Pour l’instant les recettes de l’industriel franco-israélien ont bien fonctionné : appui massif des banques, excellente rentabilité par client-abonné (ARPU), maitrise totale des couts (sauf pour la direction générale si l’on croit les rumeurs sur les primes versées à Michel Combes) et capacité à générer des économies. Cela suffira-t-il à combler l’augmentation des taux d’intérêt et donc des remboursements ? A priori, Altice dispose de plusieurs arguments pour affronter la tempête qui menace. Déjà, ses emprunts ont été souscrits à taux fixe, ce qui permet d’échapper à la mauvaise humeur des banquiers. Ensuite, Altice est aujourd’hui une entreprise néerlandaise.

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La loi hollandaise peut permettre à Patrick Drahi d’augmenter le capital de son groupe sans en perdre le contrôle, du moins jusqu’à une limite que d’ailleurs personne ne connait à l’extérieur du groupe. Mais après tout, Patrick Drahi nous a habitués depuis deux ans à de véritables coups de maitre. Et si les actions baissent aujourd’hui, elles ont prospéré de plus de 80% en deux ans à peine. Le 28 octobre, SFR et Altice présenteront les résultats de leur troisième trimestre financier. Nous en saurons alors davantage sur la situation réelle du nouveau géant des télécommunications.

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