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ALTICE-SFR : touché, pas coulé…

Les observateurs et commentateurs prêts à enterrer des entreprises qui traversent des passes compliquées ne manquent pas. Font-ils tanguer la barque plus que de raison, non sans arrière-pensées…?

La dégringolade de la valorisation d’Altice et SFR constitue le dernier en date des épisodes dans lesquels certains voient déjà se dessiner un naufrage. Si ce n’est celui d’un groupe, peut-être celui d’un manager. Lorsque l’opérateur SFR, qui fut le premier à inaugurer une ère de la téléphonie en France sortant du monopole, a abordé le bouleversement créé par l’arrivée de Free, s’achevait sans que tous les acteurs en aient conscience la première époque de la téléphonie mobile. Toutefois, un ingrédient venu d’ailleurs a profondément faussé la compétition. Chacun pouvait d’ailleurs le constater : il y avait une terrible erreur dans le timing. Dont les conséquences ne sont peut-être pas encore arrivées

Si un quatrième opérateur avait été invité à partager le marché hexagonal avant que celui-ci ne soit arrivé à la conquête accomplie de la quasi totalité des utilisateurs potentiels, la donne aurait été différente. En le glissant dans un secteur flirtant avec la saturation, l’arrivée d’un quatrième larron, qui ne pouvait se concrétiser que par une compétitivité décoiffante, allait inéluctablement déséquilibrer les bases de travail des trois acteurs déjà en place. Et ce d’autant plus que le nouveau venu n’avait pratiquement aucun réseau de distribution à faire vivre, alors qu’Orange, Bouygues et SFR (sans même évoquer les autres distributeurs) avaient optimisé leurs panoplies de boutiques, avec collaborateurs, éclairage, chauffage, coûts immobiliers.

Depuis cette étape cruciale, le marché vit dans l’incertitude quant au maintient des désormais quatre compétiteurs et, du reste, les épisodes critiques vécus par certains sont encore plus que dans les mémoires, presque d’actualité. De ce fait, les allusions dans des analyses un peu simplistes à une époque et une stratégie à la Jean-Marie Messier qui seraient de retour passent loin au large des réalités. Ne nous y trompons pas, les choses restent tendues pour tous. D’autant plus que les produits eux-mêmes, dont en premier lieu les smartphones, ne vont plus pouvoir progresser comme au bon vieux temps des conquêtes. D’ailleurs, les forces en présence se tournent vers des filières complémentaires. Certains amorcent des activités bancaires, d’autres cultivent les jeunes pousses, petits plus aussi spectaculaires que modestes, mais qui seront peut-être demain les clés de voûtes de leurs modèle économique.

Patrick Drahi est certainement le style d’acteur que l’on attendait pas sur ce terrain. Pour relever le défi qui lui est imposé, il n’a d’autre choix que de viser, lui aussi, un périmètre très large, incluant ce que l’on résume par « les contenus ». Un combat où il ne peut que rencontrer une certaine adversité. Il ne nous appartient pas de tenter de deviner si les dégringolades boursières auxquelles tout le monde a assisté ont été plus ou moins « encouragées » de-ci de-là. Il reste que SFR, maillon faible aux yeux d’investisseurs qui, à la corbeille, passent en un éclair de l’enthousiasme irraisonné à la peur panique, n’est pas une vieille guimbarde de  la téléphonie mobile. La suite pourrait être simple à imaginer. Ou l’édifice se disloque, mais ses éléments constitutifs ne se désintégreront pas. Ou la stratégie fonctionne, et il y aura du Champagne à livrer chez les boursicoteurs. A croire que tout cela est fait exprès. Y.D

Source DVSM

 

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