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Après la crise, pourra-t-on encore s’accrocher aux droits supposés acquis ?

C’est aujourd’hui le jour du muguet et de la célébration des conquêtes sociales. De ces dernières, certaines sont-elles à mettre entre parenthèses, au moins très provisoirement ?

 DVSM, 1er mai 2020. Conquêtes sociales, luttes syndicales, les formules classiques pour la fête du travail prennent cette année une couleur inhabituelle. Ne serait-ce que parce que, confinement oblige, les traditionnels défilés ne peuvent être organisés. Il reste que le niveau de ce que l’on appelle usuellement les acquis sociaux, supposés indestructibles, pourraient donner lieu à une résistance à la limite de l’acceptable. Où serait cette sacro-sainte solidarité si aucune souplesse n’était soudain apportée à leur relativisation en des temps hors du commun ? Les réactions courroucées ayant été discrètement avancées face à l’idée qu’il faudrait peut-être consentir quelques efforts pour aider à ce que la crise soit plus vite et efficacement effacée soulèvent des interrogations.

Dans la distribution, alors que les conditions prévues pour éviter un retour de la contagion s’appuient notamment sur un nombre réduit de chalands circulant dans les rayons, la question de l’amplitude horaire et des jours d’ouverture risque de se poser. Pour corriger les effets de cette limitation de la fréquentation, ouvrir plus longtemps est une fraction de réponse possible. Mais on se rappelle des oppositions syndicales qui ont freiné, souvent à l’encontre des souhaits des personnels (donc les intervenants les plus directement concernés), les possibilités d’ouverture dominicales ou en soirée. Faut-il s’attendre à voir ces îlots de résistance réapparaître, alors qu’il y va de l’intérêt de tous (entreprises, personnels, et consommateurs) que la souplesse soit prioritaire dans les circonstances présentes ?

Ce point particulier éclaire d’un jour réaliste la plus large problématique du non-retour irrévocable par principe sur tout droit considéré comme acquis. Mais acquis pour toujours ? Et garanti par quelle divinité providentielle ? Ce qui suppose bien peu d’évolution possible en fonction de ce que le monde environnant génère comme transformations dans les conditions de vie, les usages, les préférences. Loin de revendiquer une sorte de droit de retour en arrière, il faut sans doute, sous la prise de conscience résultant d’une pandémie qu’aucune approche perspective n’aurait osé prévoir, mettre de l’huile dans les rouages de la revendication, pour que celle-ci ne se transforme pas en une égoïste défense de privilèges.

Source DVSM

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