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Automobile, l’envie de changer de modèle commercial se confirme…

L’industrie automobile mondiale, déjà animée de mouvements multiples, est probablement à la veille de bouleversements majeurs, qui ne dépendent pas que du sort fait au moteur diesel, le moteur maudit…

DVSM, 27 mai 2019. Il faudrait être bien peu observateur pour ne pas percevoir les mouvements qui animent les entrailles du monde de l’automobile. Entre groupes majeurs, cessions, rapprochements et autres initiatives alimentent une reconfiguration planétaire. Toutefois, aucune industrie ne peut vivre sereinement sans un modèle de relation et de commercialisation envers l’utilisateur, sur lequel est assise sa profitabilité.

Ce modèle tourne un peu en rond dans le monde occidental. Du fait des taux d’équipements élevés et du vieillissement des populations (moins de besoins, moins de moyens) ce domaine est face à des défis que l’ambiance récente rend encore plus complexe. Loin d’avoir réussi à maîtriser ses circuits de distribution, il doit de plus en plus composer avec des clientèles exigeantes qui, au grand dam des concessionnaires (en France et en Europe notamment), s’évadent vers des formes et des cheminements divers. Aux discounters, importateurs indépendants, s’ajoutent les acheteurs en volumes, gestionnaires de flottes d’entreprises, loueurs… Assez pour avoir depuis longtemps déjà sérieusement émoussé les prix de cession qui subissent pourtant  d’autres agressions.  Comme les méthodes aboutissant à de la fausse occasion, des véhicules quasi neufs vendus par les réseaux et permettant de rattraper les ventes unitaires, voire de dégorger des stocks. Cela sans oublier un phénomène résultant de la qualité des fabrications*. Une automobile d’aujourd’hui demeure opérationnelle beaucoup plus longtemps. L’âge des parcs, partout en occident, s’allonge, et le rythme de renouvellement s’émousse.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, les pressions écologistes sont en passe de placer les véhicules électriques dans une logique de « grand remplacement » des modèles thermiques. Même si cette évolution est pour le moins discutable, notamment sur le plan de… l’écologie**, elle est accrochée solidement aux perspectives des gouvernants, dont beaucoup préfèrent défendre le discutable que de risquer des pertes de postes. Or, un véhicule électrique est dans l’ensemble moins cher à produire et entretenir qu’une automobile classique. En bref, l’auto ne peut plus se limiter à apporter dans les recettes de l’industrie le seul produit de la vente brute de chaque véhicule. Et comment ne pas observer qu’une prise de conscience traverse cette industrie, inspirée par une différence fondamentale de ses produits avec bien des équipements de l’ère numérique. Alors qu’un iPhone vendu à un utilisateur permet à son fabricant d’engranger des recettes (et le fera encore après avoir été revendu d’occasion), l’industriel de l’automobile perd tout contact avec un véhicule sitôt « parti » dans la nature (sauf si un lourd après-vente vient à se manifester).

Alors, les firmes imaginent, cherchent, expérimentent. Dans de la publi-information bien ficelée, la marque espagnole Seat lance en ce moment une sorte d’abonnement sans engagement, pour des véhicules, dans des contrats où tout est inclus, l’auto, l’entretien… Et l’utilisateur peut à tout moment tout arrêter, changer, modifier, évoluer. Comme pour les opérateurs de téléphonie, sans engagement…!  Le risque est moins immense qu’on pourrait l’imaginer. Comme pour les mobiles, tout le monde a besoin, peu ou prou, d’un véhicule. Abandonné d’un côté, il reviendra par le biais d’un « churn » bien connu dans les télécoms dans le circuit, chez l’un ou chez l’autre, surtout si tout le monde s’y met.

Une initiative à suivre avec attention, d’autant que Seat n’est autre qu’une marque du groupe VAG (Volkswagen). Il reste que l’automobiliste demeure toujours, dans de larges proportions, très attaché à la possession de SON véhicule, sa chose… Ce qui n’est que la conséquence d’une attitude née à l’époque où à travers cette automobile, se vivait une ascension sociale, la conquête, souvent grâce au travail, d’un bien d’équipement durable. Et qui plus est, tellement représentatif d’un statut, voire d’une réussite.

* L’automatisation des procédés de fabrication (précisions nettement améliorées) et la qualité des matériaux ont progressivement rendus les véhicules plus fiables sur le long terme.

** Production de l’électricité, multiplication des rendements mécaniques à combattre, soucis liés à la production des batteries et à l’élimination de celles qui arrivent en fin de vie…

Source DVSM

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