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Automobile, un usage sous-estimé dans la vie économique

Les récentes montées d’adrénaline à propos du prix des carburants laissent supposer que certains responsables et observateurs ont une vision très caricaturale et inexacte -proche d’un leurre exquis- de l’utilisation qui est faite de l’automobile, en France comme ailleurs.

 DVSM, novembre 2018 – A bien écouter toutes les déclarations proférées ces jours derniers, il semblerait que la gêne liée à l’élévation substantielle des tarifs à la pompe ne concernerait que des ruraux aux moyens limités ayant un besoin impératif d’automobile pour se rendre à leur travail. Vision probablement très parisienne et surtout très au-dessus de la mêlée…?  Affirmatif. D’abord, dans les grandes et moyennes zones urbaines, la nécessité d’un véhicule pour se rendre au travail est une évidence. Les embouteillages quotidiens du matin et du soir, même en région parisienne, le démontrent. Les transports en commun ne peuvent pas tout. Du reste, la proportion de personnes utilisant l’auto pour leur trajet domicile-travail en France est, à quelques infimes nuances près, la même que dans d’autres pays occidentaux (Allemagne, US, etc.). Tomber sur l’opportunité d’un domicile proche d’un transport en commun efficace conduisant en un temps raisonnable à une destination proche du lieu de travail est plutôt rare. En outre, il semble que les impératifs d’horaires et les nécessités de déplacement pendant le travail passent loin au-dessus des observations de nos décideurs. Et si les personnes ayant peu de moyens sont pénalisées, les autres, notamment les « classes moyennes », le sont tout autant.

Quand l’automobiliste souffre, la distribution souffre aussi. En effet, au-delà du travail, toute la vie des individus est très largement dépendante de l’automobile, moyen simple pour que chaque individu puisse se déplacer à tout moment, en porte à porte, vers une zone commerciale, un centre médical, l’école des enfants, une déchetterie, etc. Simple exemple : l’élimination des déchets verts est de moins en moins réalisée par des services d’enlèvement (le célèbre camion poubelle). Nombreux sont donc les personnes qui, après avoir tondu une pelouse, taillé une haie, désherbé des allées, doivent parcourir plusieurs kilomètres pour déposer le produit de cet entretien dans les espaces dédiés à ces « déchets verts ».

Donc, si le déplacement motorisé est handicapé par son poids économique, seuls les individus évoqués plus haut ne seront pas les victimes. Si un trajet du domicile à une zone commerciale participe à une dépense trop lourde pour le ménage, ce dernier en limitera la fréquence, et réduira aussi ses achats. Il n’y a pas de petites économies. Il semble sur ce point que nos concitoyens ne soient pas loin de se faire sermonner (c’est une manie à l’heure présente) pour avoir choisi d’habiter hors des centres de villes. La croissance démographique, et donc le phénomène dit de périurbanisation qui en a découlé, et observé sur tous les continents, échappe à l’évidence aux analyses des édiles. La véritable question, sans doute subversive, (pardon) est de savoir s’il est réellement pertinent de taxer jusqu’à ce que ras-le-bol s’en suive des fonctions vitales de notre économie…

Source DVSM

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