Accueil / Actualité / Autos électriques, allumer le feu… puis tenter de l’éteindre…

Autos électriques, allumer le feu… puis tenter de l’éteindre…

C’est une sorte de baptême du feu que vient de subir l’univers de l’automobile électrique, avec une Tesla calcinée jusqu’au bout du bout sur le parking du Novotel d’Anvers (Belgique).

 DVSM, 5 juin 2019. Qui oserait parler d’un épisode à charge à l’envers de Tesla…? Les clins d’œil sont autorisés, puisque cette chaude expérience n’a fait aucun blessé. Mise en charge sur le parking d’un sympathique hôtel proche de la zone portuaire de la superbe ville flamande d’Anvers, une auto venue des chaînes de production d’Elon Musk est partie en fumée, la borne de recharge aussi. Ce n’est pas la première fois qu’une Tesla finit en barbecue.

Toutefois, ce qui est à souligner tient dans le fait que, ainsi que les témoignages l’ont confirmé sur les chaînes de télévision locales, les pompiers appelés pour combattre le sinistre ont reconnu ne pas avoir de réelles solutions appropriées pour venir à bout de ce genre de feu. Ils indiquent avoir utilisé des méthodes classiques pour tous les feux, mais sans avoir pu empêcher la belle limousine de se transformer en objet intégralement calciné.

Viennent à l’esprit les nombreuses évocations des batteries Lithium-Ion qui, comme de jeunes amoureux, s’embrasent à la moindre occasion. Pourtant, un autre aspect bien plus classique dans un domaine qui s’enflamme pour la traction électrique est étrangement peu évoqué. Il est pourtant d’une grande importance. Pour parvenir à recharger des batteries en un temps le plus limité possible (et pourtant, « diesellement » interminable), les bornes sont conçues pour délivrer des courants d’une intensité très importante. Pour des recharges dites (par des spécialistes) à la fois « rapides et partielles », ces équipements affichent jusqu’à trois, voire quatre fois la puissance installée sur les installations domestiques les plus musclées…!* Outre les batteries, il existe donc un risque électrique très élémentaire, et néanmoins majeur.

En effet, le moindre contact de qualité moyenne (borne pas assez serrée, fil conducteur légèrement abîmé) peut à lui seul provoquer un échauffement dont l’effet l’emballement est quasi inévitable**. Ce moyen d’alimentation qui tend à devenir… courant ne souffrira pas la moindre imperfection. Et déjà, certains utilisateurs d’automobiles conventionnelles songent à se garer à une bonne distance de ce genre de bornes et de véhicules en phase de recharge. D’autant que de véhicule à véhicule, la contagion incendiaire est une menace bien connue.

* Les contrats domestiques des principaux fournisseurs vont jusqu’à 12 KVA (kilovoltampères, valeur en courant alternatif proche de 12 kilowatts), les bornes évoquées étant aptes à délivrer jusqu’à 45 KVA.

** Si l’on considère la conception présente de la traction électrique pour l’automobile, il faut reconnaître que son principal handicap est d’être, stockage sur batterie oblige, tributaire du courant continu, en basse tension. Ce qui implique des ampérages élevés. Par comparaison, les chemins de fer, après avoir épuisé les charmes du continu (1500 volts continu sur l’axe classique Paris Lyon Marseille), se sont convertis à l’alternatif avec des tensions élevées, autorisant le « transport » de ce courant sur de plus longues distances, et avec des intensités nettement plus malléables (25.OOO volts en 50 Hertz sur les lignes modernes et TGV). Mais comment imaginer une captation par caténaires sur les grandes et routes de l’Hexagone…?

Source DVSM

photo source Marc de Roeck HLM vtmnieuws

A voir

US et Gafa, des démantèlements majeurs sont-ils probables…?

Quand des groupes deviennent trop dominants, le réflexe des états est souvent de les morceler, afin de favoriser la concurrence.