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Bicyclettes électriques et santé, sans effort, c’est mauvais…!

Il faut certes combattre les particules fines, mais également la sédentarité, alors que l’électricité vient au contraire priver d’exercice ceux qui en auraient peut-être besoin. Autrement dit, tout le monde ou presque…

Visions Estivales –  DVSM, 12 août 2019. Non seulement on ne sait toujours pas réellement que faire des millions de batteries Li-Ion qui pour l’heure se multiplient, équipant (en plus de cette multitude de devices qui trônent sur nos linéaires) petites reines, patinettes et automobiles… Lorsque celles-ci, en rang serrés, arriveront en fin de vie, où les enfouira-t-on…? Mais à chaque jour son problème. En attendant, ne va-t-il pas falloir créer des activités (salles de sport…?) pour éliminer les nombreux kilos en trop qui menacent…? Monsieur Canetti, médiatique fondateur de Comme j’aime, ne peut que se réjouir. Car à ne plus pédaler que mollement, voire pas du tout dans les raidillons, tissus adipeux et autres surcharges pondérales rebelles vont s’accumuler. Le numérique cellulaire précède un numérique cellulitaire qui a de quoi inquiéter à propos d’une obésité qui, déjà, proliférait.

Certes, ces vélocipèdes, héritiers inattendus d’une Jamais Contente* ayant franchi pile le 100 à l’heure sur route il y a plus d’un siècle, viennent surtout remplacer une inactivité physique par une autre. L’auto à énergie thermique a depuis longtemps accompli son œuvre de destruction musculaire massive, avec ses fauteuils accueillants, ses chauffages et ses climatisations aux accents bien plus douillets que ceux du train de banlieue. Notons que ce dernier n’est pas en mesure de se croire innocent sur ce registre, ayant laissé filer beaucoup d’adeptes vers les conduites intérieures. Certains décisionnaires du monde ferroviaire qui regrettent ce déclin du train auraient dû penser plus tôt à bien ses handicaps, comme l’incompréhensible bassesse des quais à la française pour les usagers déjà rhumatisants ou risquant de le devenir (d’où l’expression « monter » dans le train). Ils auraient aussi dû prendre conscience du charme fort limité des vivifiantes attentes en plein vent, privant le voyageur de protection par trop de marquises défaites. Bruines, averses ou giboulées (y compris encore aujourd’hui sur ces RER et trains dits du quotidien), on imagine meilleurs générateurs de motivations. L’auto étant là, il n’en fallait donc pas davantage pour que tout un chacun finisse par opter pour elle pour ses déplacements les plus courants.

Donc, suite à de multiples concours de circonstances, le vélo électrifié ne substituerait qu’une insuffisance d’activité physique à une autre…? Pas tout à fait. Car dans certaines circonstances, la bicyclette était traditionnellement un véritable outil de base. A la Poste par exemple, depuis des lustres, le facteur (ou son homologue féminin) pédalait. Lui offrir une batterie bien chargée lui rend la tâche moins épuisante, mais lui fait perdre l’un des avantages majeurs d’un métier qui le dispensait d’avoir à dépenser des sommes rondelettes pour du cardio-training et des séances de vélo d’intérieur dans la salle de muscu du coin. La presse écrite a aussi eu jadis recours durant des années à des coursiers que l’on baptisait « cyclistes », pour porter tout ce qui constituait la préparation d’un journal, de la rédaction jusqu’à l’imprimerie.

En 1948, Gare de Lyon à Paris, des quantités inimaginables de bicyclettes attendent le départ pour des lieux où le repos sera le bienvenu. Cette image est le détail d’une photo figurant en double page d’ouverture d’un excellent  livre de Clive Lamming, « Paris au temps des gares ».( Voir ci-dessous)

Le vélo, la France l’a bien connu. Il fut durant des décennies le « véhicule » le plus utilisé pour le trajet domicile-travail. Et de surcroît, nos compatriotes d’il y a quelques décennies l’emportaient même pour les vacances. Il faut contempler les hangars des grandes gares parisiennes quand sonnait l’heure des congés payés. Avant de laisser sa place à l’auto, il fut d’abord bousculé par le vélomoteur. Vers les usines, des escadrons gigantesques (et bruyants) de Mobylettes et Vélosolex couvraient trajets aller et retour, sans nécessité de pédaler. Le progrès efface l’effort. Quant à ces Hollandais que l’on montre en exemple parce qu’ils ont toujours une sérieuse préférence pour ce deux roues, c’est bien de la version mue à l’énergie musculaire qu’ils font encore majoritairement usage. Il est vrai qu’il y a peu de côtes à gravir sur le territoire de l’autre pays du fromage, mais en revanche, un vent rebelle ne manque pas de souvent contrarier tout cheminement. Ce qui explique la présence légendaire d’excellents coureurs sur les routes du cyclisme jusqu’à son plus haut niveau. Et pourtant, ces Hollandais, qui savent combien les moulins sont utiles, ont depuis quelques années pris aussi le sillage de cette tendance qui consiste à en placer un sur leur véhicule, à deux roues ou plus, qui emporte chaque individu vers son labeur quotidien.

La bicyclette mue aux électrons, ainsi que ses cousines surtout urbaines, la trottinette et petites machines où l’équilibre ne s’acquiert pas sans une certaine habitude font surgir une contradiction majeure dans les réflexes observés un peu partout face aux méfaits de la pollution. Si, là où ils fonctionnent, ces véhicules ne produisent ni fumée, ni rejets de particules (sauf, peut-être, côté freinage), ils contribuent à entretenir l’absence d’activité physique par ailleurs tant décriée par le corps médical. Alors, coupables d’en propose dans votre linéaire dit de « mobilités urbaines »…? Il faudrait savoir…

Paris au temps des gares est un ouvrage paru aux Editions Parigramme. Clive Lamming, qui en est l’auteur, est un ingénieur et historien d’une compétence remarquable concernant l’ensemble de l’univers ferroviaire. Dans ce livre, est retracée l’histoire des gares parisiennes, elles-mêmes représentatives de l’essor de ce moyen de transport, et de son influence sur la vie de la capitale. Parmi les ouvrages signés du même auteur, il faut mentionner un extraordinaire Larousse des Trains et des Chemins de fer.

Parigramme, éditeur indépendant, propose depuis plus de vingt ans un catalogue consacré à Paris. Tous les types de livres pour tous les lecteurs : guides, beaux-livres, romans ou livres pour la jeunesse, qui invitent à la flânerie, à la découverte d’un Paris riche de son histoire et qui se réinvente sans cesse..

* Voiture électrique française qui fut la première automobile à franchir les 100 Km/h il y a pile 120 ans…

Source DVSM

 

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