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Black opé, tout le monde n’a pas compris ce qu’est ce vendredi chaud, dommage…

La forte effervescence médiatique autour du Black Friday a donné à quelques commentateurs l’occasion d’émettre des avis d’où ressort jusqu’à un étrange relent d’hostilité à l’égard de la marge…

DVSM, 23 novembre 2020. « Les promotions du Black Friday, ne sont pas des soldes !« , vocifèrent des  intervenants qui n’ont sans doute compris ni l’utilité de cette journée (souvent associée à un prolongement de quelques jours) ni la finalité du commerce. D’ailleurs, ils ajoutent un peu comme un reproche que les produits soient vendus avec de confortables marges. Leur laissant l’évaluation qui leur est propre de l’adjectif « confortable », ajoutons « heureusement ».  Reprenons dans l’ordre.

« Pas des soldes », c’est bien vrai, sinon, cela s’appellerait « soldes », et entrerait dans le périmètre d’une réglementation, destinée à permettre la cession, y compris à perte, de produits invendus, et ayant peu de chance de trouver preneurs plus tard. La mode, l’arrivée de nouveautés, les marchés en fonction des saisons, les facteurs qui justifient cet encadrement, qui évite que l’on retrouve de la vente à perte partout et tout le temps, sont innombrables.

Opération commerciale…? Oui, et il est très constructif d’avoir réussi à fédérer un moment dépassant les limites d’une ou de quelques enseignes. Tant pis pour le « titre » anglo-saxon que nous avons parfois regretté. Cette synchronisation, qui n’est d’ailleurs imposée à et par personne, a pourtant plusieurs utilités qu’il n’est pas inutile de rappeler. La première est d’étaler dans le temps des achats de fin d’année, évitant, pour faire simple, que trop de clients ne se marchent sur les pieds lors des quelques jours précédant Noël. C’est même un atout en période de pandémie, où les foules constituent les plus hauts risques de contamination. D’une manière plus générale, ce BF est aussi venu combler un vide qui souvent s’observait entre rentrée et véritable période des fêtes. Entre la rentrée (back to school) et les fêtes, que de déserts furent traversés…! Les années où des points de vente supportaient des moments de très faibles fréquentations n’ont pas été rares, même aux grandes heures d’une consommation heureuse. Si le public et les commentateurs n’en ont pas eu conscience, pas un professionnel ne l’ignore.

Au niveau de l’industrie, cette opération qui est menée dans de nombreux pays a également le mérite (et pour rôle) de lisser dans le temps les impératifs de production, et parallèlement d’éviter trop de ruptures de stocks se produisant trop tardivement lorsqu’elles sont constatées alors que Papa Noël fait déjà chauffer le V8 de son traîneau. Des ruptures qui font perdre de l’argent à tout le monde, tout en frustrant la clientèle.

Quant aux marges, heureusement qu’elles sont bien présentes. La distribution en a besoin pour rémunérer les équipes qui l’animent, et les coûts que toute implantation commerciale génère, très petite, moyenne, grande ou gigantesque. Il est vrai que certains leaders d’opinion persistent dans leur jugement fort négatif de la distribution, la qualifiant trop souvent d’adjectifs plutôt réservés usuellement aux voyous et aux voleurs, en s’appuyant sur des estimations aussi fantaisistes que mirobolantes de ses taux de marge et de sa profitabilité. C’est oublier que, notamment en France, après plus d’un an et demi de gilets jaunes et de grèves contre la réforme des retraites, bien des enseignes doivent leur pérennité à l’aptitude élevée de responsables sachant avancer sur la corde raide. Espérons que leur talent saura venir à bout d’une situation que la pandémie et les confinements ont rendue encore plus périlleuse.

Source DVSM

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