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CES 2020, trop de sujets finiront par tuer le sujet… L’erreur est-elle déjà consommée…?

Bon à tout, bon à rien…? Au lieu de promouvoir les axes classiques de l’électronique, le CES s’évade dans mille et une directions, au risque de se perdre.

 DVSM, 16 janvier 2020.  Tout le monde, au moins chez les professionnels, sait pourquoi les organisateurs du Consumer Electronics Show suivent leur trajectoire. L’électronique grand public s’est métamorphosée. Dominé et dopé par une explosion des systèmes audio puis ceux dédiés à la vidéo, un peu comme un soufflé, le sujet s’est dégonflé, avec des équipements qui étonnaient et sont tombés dans la banalité, des techniques qui se surpassaient sans cesse et semblent stabilisées. Dans les régions occidentales (et beaucoup asiatiques) les consommateurs sont largement équipés, et d’autre part, le nombre d’équipements nécessaires s’est fortement réduit. Les effervescences étaient d’ailleurs moins vigoureuses depuis longtemps, et aux USA, cette réalité s’était traduite par un retour à un seul CES par an (il y avait jusque dans les années 90 un CES d’hiver à Las Vegas, et un de printemps, à Chicago). L’apport de nouvelles pistes avaient permis de temporiser, avec la micro-informatique, les consoles de jeux, l’audiomobile, et même les télécoms. Mais ces activités (et leurs animateurs) ont trouvé plus pertinentes des expositions leur étant spécialement dédiées.

Quand les exposants se font moins nombreux, les organisateurs de salons, qui ont pour mission non de développer des marchés, mais de maintenir à flot (économiquement) les événements dont ils ont la charge, cherchent des voies de compensation. D’où cette idée consistant à proposer de l’électroménager, ou des domaines naissants comme les objets connectés. A Berlin, l’IFA en a fait de même. Mais en multipliant les thèmes, comment ne pas diviser les centres d’intérêts…? Professionnels ou consommateurs, les visiteurs motivés par de l’audiovidéo, de la TV ou du son Hi-res risquent de ne pas additionner à leurs motivations de visite les plaques de cuisson, les réfrigérateurs ou les aspirateurs. Et réciproquement, tandis que des automobiles prototypées comme pour s’inscrire au casting de films de science-fiction certes attirent les regards, mais au-delà…

Il reste ce que certains appelleront la convergence des technologies. Ce qui ne se traduit en rien par une convergence des usages. Même à l’ère numérique, regarder un film n’a rien à voir avec faire la lessive. Ecouter un concert de jazz n’a aucun rapport avec un véhicule devenu autonome. Oui mais, comme l’avait dit un célèbre politicien français, il n’y aurait plus assez de visiteurs pour maintenir des salons davantage ciblés. La durée de vie des grandes manifestations n’est effectivement pas promise à l’éternité. On ne compte plus ceux qui, puissants jadis, sont sortis par la petite porte des domaines devenus désuets, Sicob, Salon de l’Enfance, Salon les Arts Ménagers, le Comdex, l’Audio Fair de Tokyo… En revanche, parfois plus modestes, des rendez-vous bien calés sur des publics qui restent intéressés ou même passionnés réussissent à ne pas disparaître (Salon de la Photo, Rétromobile, High End Munich…). Serait-ce la traduction événementielle du « petit chez soi » meilleur que le « grand chez les autres »…?

Source DVSM

 

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