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Commerce et TPME, des trous jamais comblés, comme un enlisement sévère.

Pour de nombreux établissements, le point de non-retour a déjà été franchi. Si les allègements dans les mesures de confinement sonnent l’heure de la reprise, certains ne se relèveront plus.

DVSM, 7 mai 2020. Malgré les efforts consentis de toutes parts, il y aura, et il y a déjà des établissements commerciaux* victimes définitifs du virus. En clair, des cessations de paiements, des liquidations judiciaires. Actés ou en passe de l’être. Avec des intervenants, exploitants et personnel, basculant dans le chômage, et aussi, il ne faudrait pas l’oublier, des fournisseurs qui deviennent ipso-facto des créanciers chirographaires qui ne pourront compter, en guise de dédommagements, que sur les répartitions au marc le franc des actifs, s’il en reste, après le passage des créanciers privilégiés (salariés) et des organismes prioritaires. La somme de toutes ces défaillances, presque fantômes, bien difficiles à évaluer (d’autant plus que les procédures de fin de vies d’entreprises prennent du temps), ne sera pourtant pas négligeable. Ce d’autant plus que les aides risquent de s’estomper dès la fin du mois de mai. Chacun sait qu’entre des promesses ministérielles et leur mise en pratique, il y a souvent une distance galactique.

Lorsqu’un fournisseur voit l’un de ses revendeurs disparaître, c’est le plus souvent à une double peine qu’il est condamné. D’une part, il reste avec des impayés, et d’autre part, un canal de diffusion de ses produits disparaît. Après les pertes, surgit ce manque à gagner, formule élégante pour décrire du business perdu, rarement inclus dans la moindre statistique. A l’objection qui consisterait à noter que c’est la même chose pour les défaillances dans des temps non épidémiques, il faut opposer une différence fondamentale. Dans les temps « normaux », il y a toujours au cœur d’une clientèle des fragiles, des mauvais payeurs, des clients maladroits ou même carrément « véreux ». Mais on les connaît. On avance avec eux sur des œufs, on ne se laisse pas endormir.

Dans toute comptabilité, la ligne des créances douteuses est bien présente. Mais avec le virus, ce sont des distributeurs sans problème, « réglos » comme cela se dit familièrement, qui se retrouvent comme abattus en plein vol, par obligation de fermeture, réduisant à néant toute activité. Et si les grands groupes peuvent parvenir à des accords notamment avec les banques et les aides de l’état, chacun sait bien que pour les petits et les moyens (y compris des franchisés ou affiliés) attraper, tel Tarzan, une liane économique afin de franchir le précipice ne sera pas toujours possible. Ce d’autant plus que la reprise des activités, au sens large, s’avère très progressive, indissociable d’un certain long terme. Il y a donc dans notre monde ceux qui vont pouvoir rebondir et progressivement amortir, et c’est bien comme ça, et ceux qui ne le pourront pas, ne le peuvent déjà plus, auteurs bien involontaires de ces trous mal évalués qui ne se referment jamais.

* Et beaucoup de petites entreprises en toutes spécialités.

Source DVSM

 

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