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Commerce ou vie politiques, des décomptes toujours oubliés…

Similarités préoccupantes. On ne cesse de peser les votes exprimés par les citoyens, tout comme les achats des consommateurs. Ceux qui s’abstiennent ou qui ressortent d’un magasin les mains vides restent dans le flou absolu…

 DVSM, 12 juin 2019. Scrutin après scrutin, les Français, le monde politique et les médias s’interrogent. Pourquoi tant d’abstentions…? Ne pas voter est l’expression d’un ressenti qui mériterait d’être analysé, qualitativement comme quantitativement. Les rares enquêtes récentes dont quelques conclusions ont été révélées se contentes de résumés assez simplistes, comme « aucun candidat ne me convenait » ou (argument montant) « on n’a pas tenu compte des majorités exprimées par le passé« . L’épisode croustillant de Notre Dame des Landes ayant certainement un poids important dans cette dernière motivation. A quoi doit-on attribuer ce manque de curiosité…? Au fait que les sociétés spécialisées dans le recueil des opinions sont prioritairement sollicitées par des intervenants politiques aux envies un peu égoïstes, cherchant surtout à savoir où ils se situent, personnellement, par rapports à leurs concurrents. Il n’en reste pas moins que les non votants sont surtout des non sondés, ce qui ressemble à ce qui caractérise le monde de la consommation.

Ne pas acheter est une attitude qui, analysée elle aussi, serait à coup sûr riche d’enseignements. Si, grâce aux panels, ce qui sort des linéaires, quand, à quel prix, de quelles enseignes, etc. est connu avec beaucoup de précision, les chalands qui repartent par le (souvent) très inconfortable couloir de la « sortie sans achat » ne se voient poser aucune question.* Et pourtant, que d’interrogations à propos de ce qui est, peut-être, une défaillance du point de vente, de sa stratégie, ou d’autres facteurs…? Pourquoi étaient-ils entrés dans l’établissement…? Cherchaient-ils un produit qu’ils n’ont pas trouvé car…, exposé mais non dispo, exposé, mais trop cher, pas exposé…? Ont-ils buté sur l’impossibilité d’obtenir un renseignement (PLV incomplète ou erronée, vendeur introuvable…? ». Ont-ils bien trouvé le produit visé, mais décident de l’acheter ailleurs ou en ligne pour d’autres raisons (ce qui peut aller jusqu’à… trop d’attente en caisse…). « Je souhaitais acheter un smartphone, mais après avoir attendu la vendeuse pas mal de temps, elle est finalement venue pour expliquer que le modèle exposé n’était plus disponible et plus venu« **, explique un client dans un hypermarché, alors qu’un autre, ressortant excédé d’une GSS, renonce pour un remplacement urgent à l’achat d’une plaque de cuisson vitrocéramique après avoir recherché désespérément non pas Susan, mais un vendeur.** Il semble (mais DVSM est ouvert à des informations contraires) qu’aucune réelle et large structure d’enquête de ces quidams sortant sans achat ne soit construite.

Sans doute parce que, comme en politique, chacun cherche, en payant le prix d’enquêtes pourtant onéreuses, davantage à connaître égocentriquement ses scores par rapport à ceux d’en face que d’autres éléments. Et pourtant, ce sont bien les clients qui n’achètent pas qui devraient être ciblés avec méthode et insistance. Les quelques points de profitabilité ne correspondent-ils pas aux quelques bribes de CA coiffant in fine le gros de la recette…?

* En général, voici une exception à lire ici… laquelle confirme la règle.
** Témoignages DVSM

Source DVSM

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