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Concurrence fiscale et taxe mondiale : Don Quichotte et les moulins de la mise au pas…

Les sommets volent bas…! A Venise, le bon sens prend l’eau. Soumise aux appétits de taxations de certains états, la gestion rigoureuse, même de très grandes firmes, qualifiée de scandaleuse, voit les ministres se retrouver sur un geste, la ponction.

DVSM, 12 juillet 2021. Quitte à faire tanguer la gondole. Bien sûr, le sommet qui s’est tenu vendredi et samedi derniers a tous les aspects d’une action juste et généreuse. Voire… Tenu dans le cadre « austère » de Venise (et non dans une obscure et sordide banlieue) elle visait un objectif limpide: collecter des dollars en quantités pour les pays pauvres, et récolter des ressources pour corriger les dégâts de la pandémie. Qui oserait critiquer de telles ambitions…? Mais la conclusion est laconiquement simple, on va taxer les « multinationales ». Prélever au-delà d’un rendement de 10%, voilà qui rappelle la promesse d’un politique bien de chez nous qui affirmait qu’au-delà d’un certain niveau, « il prenait tout » ! Sans doute parce qu’il est étroitement lié aux télécommunications, aux transmissions de données et à tout ce qui annule les distances, le monde de l’économie numérique semble avoir été l’un des plus concernés par les localisations qualifiées de fiscales.

C’est par conséquent l’univers porte-drapeau de ces petits malins à abattre. Conséquence, nous y voici. Les humeurs vengeresses sont traduites par notamment la réputation de voyous faite aux Gafas, et par extension, sous-entendue à d’autres multinationales, véritables cibles dans le collimateur de la taxation. La réalité est pourtant que face à une palette de niveaux de prélèvements très différents selon les pays, tout incite des sociétés ayant des activités sur de nombreux territoires à installer leurs sièges là où la fiscalité est la plus avantageuse. Etre pragmatique ne justifie pas de se faire traiter de substantifs désobligeants. Rappelons en outre que les niveaux de prélèvements les plus élevés sont surtout les symptômes révélateurs de gestions étatiques très perfectibles. Certains états qui prélèvent moins que le champion français s’en sortent mieux que lui sur de nombreux tableaux. En outre, soupçonner que quelques facettes de ce désir de ponction puissent se justifier par l’envie d’alourdir le fardeau pour des concurrents étrangers trop dynamiques et agaçants revient peut-être à ne pas se masquer de certaines réalités.

« Scandaleux » hurlent les individus trouvant cette pratique de l’option fiscale minimale déloyale, en prêchant pour une harmonisation qu’ils rêvent universelle. Osons un avis un tantinet opposé. D’abord, puisque les différences existent, il serait inexcusable que les dirigeants des firmes qui en ont la possibilité de les mettre à profit négligent cette stratégie, ne serait-ce que par souci de pilotage lucide face à leurs concurrents usant de cette même possibilité. Une direction d’entreprise pourrait même se voir mise en cause (et ses dirigeants condamnés) pour mauvaise gestion en cas de défaillance, si elle n’a pas adopté toutes les recettes susceptibles de réduire ses coûts de fonctionnement, y compris en s’appliquant à éviter les coûts excessifs, seraient-ils d’origine fiscale. Pour sa part, l’harmonisation relève du fantasme. Le nombre de pays souverains sur la planète ne se limite pas à 15. Il est tel que l’on ne mettra probablement jamais tout le monde au même niveau. Ce alors que certains territoires ont des spécificités qui expliquent des nécessités variées en ressources. A chacun de savoir mettre tout en œuvre pour placer ses acteurs économiques dans les meilleures conditions possible, et non de se contenter de taxer pour éponger les dépenses.

Source DVSM

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