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Consommation, le moment n’est-il pas venu de vigoureusement réveiller les envies…?

Trop d’épargne, pas assez d’achats… L’ombre d’une razzia fiscale plane sur les réserves de ceux qui ont des économies. Branle-bas de combat (commercial)…!

 DVSM, 22 février 2021. Il aura suffi d’une alerte de la Banque de France pour que les médias s’enflamment à propos d’un phénomène qui n’est pas nouveau et n’est en rien le résultat de la pandémie. Ainsi, apparaît comme une grande découverte l’état colossal de l’épargne, cet argent qui dort sur les livrets, les assurances vie et même les comptes courants bancaires. Crise oblige, le virus et ses effets a toutefois amplifié l’ampleur de cette rétention des dépenses. D’où une émotion en hauts lieux, comprenez ministères et au-delà (donc au-dessus). Le pays a un énorme trou dans sa tirelire. Le quoi qu’il en coête, ça coûte cher…! Mais si ces Français un peu trop économes consentaient à laisser un peu plus monter leur fièvre acheteuse, les finances ne s’en porteraient que mieux. Et de là à imaginer 10%, 20%, voire la moitié de ces fonds immobiles revenir dans l’activité, il n’y a qu’un pas. L’Etat rêve comme ces quidams qui s’imaginent gagnant à l’Euro Million, mais ne jouent jamais.

Ponction fiscale subie ou ponction choisie…? N’oublions pas que chaque euro laissé dans un tiroir-caisse envoie 20% de lui-même vers Bercy par le truchement de la TVA. (Seul, ce taux est à prendre en considération, car ceux qui sont inférieurs sont destinés à des choses essentielles comme l’alimentation, et nos concitoyens ne vont pas soudain manger deux fois pour renflouer les caisses de l’Etat.) Une poussée dans la consommation se traduirait donc par un afflux de TVA. Réflexe on ne peut plus indissociable d’une tradition française de boulimie fiscale, une petite musique évoquant l’imposition de l’épargne n’a pas attendu davantage pour circuler, comme pour prévenir : vous dépensez, on vous prendra de l’argent, vous ne consommez pas, on vous en prendra quand même.

Un message qui souligne un aveuglement à propos d’une réalité élémentaire. Pour faire simple, ceux qui ont les moyens ne le font pas, ceux qui dépenseraient volontiers n’en ont pas les moyens. Il reste par conséquent à savoir pourquoi ceux qui pourraient laisser un peu de ces colossales économies dans le commerce ne le font pas. La réponse à cette question nécessiterait au moins un volumineux ouvrage, un de plus dans l’océan de l’édition conjoncturo-économique. Trois mots suffisent pourtant à résumer les obstacles. Prudence, envie et disponibilité ce dernier étant directement lié à l’épidémie. Avec des points de vente (et des offres de services*) passant depuis un an par des situations de confinement et de couvre-feu, on va au plus vite, au prioritaire. La prudence est issue d’une spécificité essentiellement fiscale et sociale. Ceux qui ont un peu économisé songent à de futurs droits de succession, au coût des soins et hébergement de leurs dernières années, et plus pragmatiquement à des dépenses contraintes, elles-mêmes lourdement taxées (carburants -dont les tarifs grimpent-, chauffage, électricité, etc.).

Reste l’envie. L’épargne exagérée, qui était déjà un paramètre très pénalisant pour la consommation avant 2020, résulte principalement d’un manque de motivation du public (en fait non une cause mais un symptôme révélateur). Du reste, dans ces loisirs de niches évoqués sur www.kelerepus.eu (blog cousin de DVSM) on trouve encore des passionnés (photo, autos anciennes, trains miniatures…) qui savent dépenser abondamment (même si ces univers sont aussi confrontés à des évolutions en berne). Dans l’électronique, le numérique, l’électroménager, au cœur des ménages, le résumé simple mais éloquent convenant les mieux est « tout le monde a tout« . Et les produits à vendre sont moins nombreux qu’il y a une dizaine d’années. Téléviseurs, ordinateurs, frigos, cuisson, lave-linge, etc. font partie des panoplies ne réagissant plus qu’à la nécessité du renouvellement quand celle-ci surgit. Même ce fantastique smartphone (qui a dévoré le gâteau de nombreux autres équipements) a déjà dépassé le sommet de sa diffusion possible. Il reste donc à imaginer des nouvelles tentations, authentiques (autres que ces écrans tordus ou qui s’enroulent, exploits d’ingénieurs qui ne font pas vibrer les papilles d’un nombre suffisant d’individus). Énorme défi… qui n’est de surcroît pas en phase avec de nombreuses orientations contraignantes qui se développent. 

* Aller au restaurant, aller au spectacle, partir en vacances sont aussi des extracteurs d’épargne efficaces. L’amplitude horaire de l’ouverture des points de vente -et un décret simple autorisant jusqu’à nouvel ordre les ouvertures dominicales pour tous- même avec des jauges sanitaires serait d’un double intérêt : diluer les fréquentations, et permettre le shopping sans le souci du chronomètre.

Source DVSM

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