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Coronavirus, qui ne réclame son plan de sauvetage, l’estimant plus urgent que d’autres ?

Chacun y va de sa ritournelle, estimant être terriblement impacté par la crise. Et donc légitimement fondé à demander des mesures de soutien urgentes. Mieux vaudrait respecter les priorités…

DVSM, 24 mai 2020. Étrange climat, où chacun estime être, sans toujours (mais souvent) oser l’affirmer à très haute voix, un peu plus indispensable que d’autres à l’ensemble de la société. Cette vague d’un quasi-égoïsme aussi sincère qu’inconscient rappelle qu’à la notion de solidarité, s’oppose d’une manière robuste ce soupçon de « chacun pour soi » indissociable de la nature humaine. C’est l’instinct, lequel est, par essence, tout sauf solidaire. Bien des attitudes nobles et généreuses (pas toutes, heureusement) s’estompent dès que des circonstances périlleuses apparaissent. Guerres, naufrages, incendies, les événements extrêmes ayant permis de vérifier cette réalité sont légion dans l’histoire de l’humanité.

Il reste que dans la situation créée par l’épidémie, seules les personnes contaminées et gravement malades sont dans une extrémité vitale, mais hélas, elles ne sont plus en état de se sauver, même au prix d’un réflexe effaçant toute considération généreuse pour autrui. Pour tous les autres, la situation ne met finalement en péril que des équilibres économiques, certes graves, mais dont on se relèvera. Ce qui devrait inciter à ne pas oublier la seule chose restant en ce moment prioritaire, faire échouer le virus dans son attaque qui est loin d’être terminée. Notre confrère Le Parisien fait état d’une vaste « re-contagion » constatée outre Rhin, suite à une messe ayant rassemblé des fidèles dans une église, après réouverture. Que les filières culturelles, notamment celle du livre (et de l’imprimé, que nous évoquions ici il n’y a que quelques jours), mais aussi les bars et restaurants, le tourisme, le foot, l’automobile etc., que tous ces métiers et finalement, tous nos semblables soient dans des situations plus que délicates est une réalité. Et le sentiment que certains soient oubliés quand d’autres sont déjà soutenus est légitime et inévitable.

Pourtant, les multiples pressions qui se propagent de tous côtés sont de nature à provoquer des précipitations à hauts risques dans un élan de retour aux usages normaux ou presque. Même des dirigeants en hauts lieux, qui voudraient bien remanier d’urgence les équipes (pour des raisons strictement d’ordre politique), organisent vite un scrutin, trop vite peut-être. Au point où en sommes collectivement arrivés avec de nombreux signes positifs pour une sortie de crise, mieux vaudrait pourtant rester sur la plus stricte réserve, éventuellement durant quelques semaines de trop plutôt que quelques semaines « pas assez ». Car si, par précipitation, ce retour est manqué, les conséquences, sanitaires et économiques, seront pires. Étrange qu’il faille soulever ce point dans un pays qui a mis dans sa constitution le principe de précaution. Y.D.

Source DVSM

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