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Covid-19 : Nameshield cartographie l’usage mondial des noms de domaine (et leurs menaces) liés à la pandémie

Nameshield, leader depuis plus de 25 ans dans la protection des marques sur Internet, dévoile le 1er épisode d’une étude visant à comprendre les impacts de la crise sanitaire sur les noms de domaine, au niveau mondial. La pandémie a lancé une vague très forte d’enregistrements de nouveaux noms de domaines et de quelques marques.

Cet engouement laisse apparaître de fortes disparités géographiques, et une évolution dans le temps des termes choisis, « Covid19 » remplaçant ainsi « Coronavirus » au cours du mois de février. Le panorama dans ce domaine est large : si des titulaires ont enregistré un nom de domaine de bonne foi pour différentes raisons (blog, médical, gouvernemental, fondation, …), les cybersquatteurs ont clairement un objectif lucratif : spéculation, trafic, vente de produits, fraudes et phishing, usurpation de noms de grandes marques… Des menaces qu’il faut surveiller de près.

Covid-19 et Coronavirus : plus de 30 000 enregistrements à partir de ces seuls mots-clefs Nameshield a étudié « Covid 19 » et « Coronavirus » sur la période de janvier à mars 2020 : rien qu’en limitant à ces 2 vocables précis ses recherches, force est de constater que l’activité est dense : 31 666 noms de domaine (appelés ci-après NDD) ont déjà été enregistrés. Leur segmentation se découpe ainsi :

Mot-clef « Covid 19 » : 5 marques déposées et 17 896 NDD
Les 5 nouvelles marques contenant « Covid 19 » déposées sont : COVID 19, COVID 19 VAX, I SURVIVED COVID 19, WE CURED COVID 19, TOGETHER WE SURVIVED COVID-19.

Mot-clef « Coronavirus » : 5 marques et 13 770 NDD
Les 5 nouvelles marques contenant « Coronavirus » déposées sont : CORONAVIRUS (2 marques), CORONA-V, CORONAVIRUSRX, CORONAVIRUS SURVIVAL GUIDE
Les différentes marques ont pour la plupart déjà été transposées à l’identique en noms de domaines. A titre d’exemple, 900 noms de domaines exactement identiques « covid19 » et 509 « coronavirus » ont déjà été déposés dans autant d’extensions.
La grande majorité (95%) des NDD analysés contiennent « covid19 » ou « coronavirus » avec d’autres mots clés associés. Leur liste est longue, parmi ceux-ci se retrouvent notamment « test », « mask », « vaccin », ou encore « help », « info », « cleaning », « legal », « shop » ou encore « store ».

Les extensions ciblées en priorité, appelées « GTLDs », représentent 70% des enregistrements, avec une forte prééminence du « .com »

Le continent européen : champion de la réservation des noms de domaines en extensions pays :
17% des noms de domaines ont été enregistrés en extensions pays, avec en tête du podium local :

1)     La Grande Bretagne (extension .co.uk) avec 884 NDD
2)     L’Europe (.eu) avec 285 NDD
3)     La France (.fr) avec 278 NDD

« Covid19 » et « Coronavirus » : deux mots-clefs qui explosent en mars 2020

Une forte progression des enregistrements autour de « Coronavirus » a été remarquée à partir de janvier 2020. C’est en effet un mot qui existe depuis longtemps et des noms de domaine sont toujours enregistrés depuis 2002.

Le mot Covid19 est un mot récemment créé, c’est pourquoi les enregistrements de noms de domaine démarrent en février 2020, suivant logiquement le passage dans le langage commun de ce nouveau terme. Les deux dénominations ont ensuite littéralement explosé en mars (plus de 11 000 enregistrements pour Coronavirus et plus de 14 000 pour Covid19) reflétant le passage d’un phénomène relativement circonscrit à l’Asie et « lointain » à un tsunami qui a changé le monde en touchant quasiment toute la planète ce mois-ci. Une évolution nette de Coronavirus vers Covid19 est apparue clairement, suivant l’évolution de son utilisation par le grand public.

Des motivations variées derrière ces enregistrements, de la bonne foi aux cyberattaques

17 482 noms de domaine sont sans site web ou avec un site web en erreur. Il apparaît que certains ont une redirection MX (Mail eXchanger : le nom de domaine est associé à un serveur de messagerie électronique). Ce procédé peut laisser supposer l’existence d’un risque de phishing (l’acquéreur peut en effet s’appuyer sur ce NDD pour envoyer des emails, bien souvent pour des campagnes de fraude par hameçonnage) Ces noms de domaine sont donc à surveiller avec une attention accrue.

Tous ces noms de domaine n’ont évidemment pas un caractère critique : des titulaires ont enregistré un nom de domaine pour des raisons louables (blog, médical, gouvernemental, fondation, …). Néanmoins, pour les cybersquatteurs, l’objectif de ces enregistrements est lucratif. Voici quelques-unes de leurs stratégies :

Certains acteurs anticipent déjà de bonnes nouvelles sur le front de la recherche : des NDD en lien avec un futur vaccin contre le COVID sont déjà réservés . Autant de paris sur l’avenir, qui ne coûtent pas très cher à ceux qui les prennent mais peuvent peut-être leur rapporter gros, lorsqu’un laboratoire ou une autorité de santé voudront communiquer sur le sujet, et jugeront peut-être utile d’acheter ce NDD 100x, 1000x ou 10000x plus cher qu’ils ne l’ont acheté. Ainsi les «domainers » spéculent et ont toujours un coup d’avance pour profiter d’une situation bonne ou mauvaise.

Exemple : Dans le cas de « COVID19.com », il semble clair qu’au moment de l’enregistrement de ce nom de domaine le 11 février 2020, le titulaire veut spéculer sur le virus « COVID 19 », terme pouvant générer de multiples requêtes quelle qu’en soit la langue : Le nom est disponible à la vente pour un montant de $10,000 USD. Et il n’a coûté que quelques dollars à son propriétaire !

Vendre des produits et services de circonstance … ou tout du moins le prétendre !
De nombreux sites marchands ont été créés par opportunisme. A priori, les risques de ne jamais recevoir de marchandise sont très forts pour l’internaute qui se laissera tenter. Masques, gel hydro- alcoolique et tests de dépistages sont tellement recherchés que ces pseudo « business » fleurissent de partout. Beaucoup d’entre eux sont d’ores-et-déjà blacklistés.

Fraudes et phishing, les grands classiques
De nombreux cas de phishing actifs sont déjà recensés. Le phishing ou hameçonnage est une technique utilisée par des cyber-escrocs pour obtenir des renseignements personnels dans le but d’usurper l’identité d’une entreprise, d’un organisme financier ou d’une administration. Utiliser des leurres pour récolter des numéros de cartes bancaires, de sécurité sociale, de comptes bancaires, des données personnelles bancaires… Ou encore jouer sur l’émotion et faire des appels aux dons pour aider les laboratoires à développer un traitement, l’imagination ne leur fait jamais défaut. Nameshield a également décelé de nombreux noms de domaine qui deviendront bientôt des sites de phishing. Il est possible d’anticiper ce risque par l’analyse des serveurs MX.

Usurpation de noms de grandes marques, à suivre de près
Dans cette même mouvance, Nameshield a également détecté l’association des mots Covid19 et Coronavirus à des marques connues. Ils seront peut-être utilisés à l’avenir pour des campagnes de phishing ciblées, de ventes de contrefaçons ou pour diffuser des fake news pour leur nuire, par exemple. Disney, Uber, Netflix sont, entre autres, concernés.

Des sites internet frauduleux, mais également des e-books…
Dans les diverses applications à des fins malveillantes, Nameshield a également repéré des séries suspectes de noms de domaine dans des e-books. Par exemple ebook-of-coronavirus, ebooks-of- coronavirus, book-of-coronavirus, books-of-coronavirus, book-of-coronavirus, covid-19-book, covid-19-ebooks, coronavirus-book, coronavirus-books, coronavirus-ebook, et coronavirusbook, en association avec des extensions de pays africains ou d’îles du Pacifique. Certains de ces noms ont récemment été associés à un site actif, qui propose des téléchargements de livres gratuits pour occuper les enfants pendant le confinement. Google les a tous blacklistés.

Et l’avenir ?
Le futur du virus est bien envisagé avec de nombreux noms de domaine qui ont misé sur la version 2020 du covid19, pour la plupart encore inactifs. Voici un exemple de site associé actif :

Peu de noms de domaine parient en revanche sur le futur des humains, et beaucoup d’entre eux utilisent les vocables survivals, survived, ou des expressions du type aftercoronavirus.

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