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Crise et culpabilisations: l’importation, est-ce que véritablement, c’est si mal que ça…?

Il aura suffi d’une incroyable pénurie de masques et de principes actifs nécessaires à la fabrication de certains médicaments pour que le classique dénigrement des importations viennent renforcer une plus ou moins sincère préférence pour le made in chez nous.

DVSM, 12 avril 2020. Symptôme révélateur d’une nation qui n’en finit plus de ruminer son amertume pour une puissance perdue depuis longtemps, la gestion pitoyable d’une épidémie par un pouvoir englué dans ses mensonges a vite dérivé. Si un stock de masques à la hauteur d’une contagion que l’on savait possible depuis des décennies avait été disponible, ce syndrome né du constat de la perte de l’industrie (ou de sa destruction) n’a pas tardé à contaminer le bien-pensant collectif, l’incitant à considérer toute importation comme une traîtrise à la patrie. Une accusation dont l’électronique a bien souvent été placée en cœur de cible. Or, loin d’être une mauvaise action, les importations sont aussi des éléments d’activité qui, comme les autres, nourrissent l’emploi et participent à l’épanouissement économique collectif.

L’objectivité impose d’observer que la planète est désormais un marché au sein duquel certaines contrées ont acquis le savoir-faire en développement et en production de certains produits. L’Asie domine certaines des productions utiles au monde entier. D’autres régions du monde excellent sur d’autres segments. Impossible, par exemple, à quelque compagnie aérienne, quelle que soit sa localisation, même américaine, de se passer des aéronefs construits en Europe, et plus particulièrement pour une bonne part dans les sites industriels d’Airbus, à Toulouse, Nantes et Saint-Nazaire.

La préférence nationale, mal vue dans certaines conditions, et assimilée à de la xénophobie, deviendrait-elle une vertu quand cela arrange… D’une manière très pratique, elle pourrait vite se traduire par une montée des coûts de mille et un produits du quotidien, avec en prime des incidences « européennement  » fâcheuses, comme par exemple sur le prix de véhicules grand public ou professionnels fabriqués sur des sites localisés sur le Vieux Continent (ex-pays dits de l’Est). Dans le monde, tous les utilisateurs de produits électroniques ou numériques exploitent des équipements  venant de cet Extrême Orient, et chacun sait qu’il est absolument impossible de changer cet état de fait, d’un coup de baguette magique.

Patriotisme et volonté politique n’y peuvent rien de plus que des gesticulations aussi perdantes que sans lendemain*. En outre, à travers les smartphones, les téléviseurs, les notebooks, et toute cette panoplie numérique, des centaines de milliers d’individus travaillent à l’élaboration et à la diffusion des services et des contenus, ou encore à leur distribution, à leur mise en service, leur maintenance, voire leur recyclage. De même qu’avec les bases de cette chimie pharmaceutique parfois venue d’ailleurs, travaillent tous les services de santé jusqu’aux plus performants. Ne nous masquons pas les plus élémentaires réalités.

* Personne n’a oublié les déboires des magnétoscopes bloqués à Poitiers, pas plus que le succès totalement factice de la Hi-Fi française, sa source de Moulins n’ayant rien inondé dans ce domaine.

Source DVSM

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