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De vieux films sur de nouveaux écrans, tout ça pour ça…?

Les assiettes et les couverts sont de plus en plus beaux, mais les plats dégustés sont bien souvent du réchauffé…!

N’est-ce pas le vrai menu de l’audio-vidéo…?

 DVSM, octobre 2018 – 12% des films qui arrivent dans les circuits diffusants de l’audiovidéo ont plus de 10 ans. Dans une large étude, l’Observatoire Européen de l’Audiovisuel jette ce petit pavé dans la marre. Lequel n’étonnera sans doute personne. Et dans ces circonstances, comment s’étonner de la montée en puissance de sources telles que Netflix ou ses concurrents qui, en échange d’abonnements à coûts modérés, permettent à l’utilisateur de regarder de regarder à peu près ce qu’il veut, quand il le veut, ce qui est loin d’être le cas avec des bouquets aux facturations nettement plus ronflantes.

Comme le rappelle l’observatoire, les films, avant de devenir des œuvres du « catalogue », suivent des cheminements réglementaires (qui ont évolué avec les années). Depuis l’apparition de la vidéo (en cassettes, avec le magnétoscope) et des historiques possibilités de location dans les vidéoclubs, une tension permanente s’était établie, où se mêlaient la volonté des professionnels du cinéma de ne pas écourter la carrière en salles de leurs œuvres, une hiérarchie se voulant respectueuse des consommateurs en échelonnant sorties en salles, diffusions en TV à péage, en TV dite gratuite, disponibilité à la location. Avec en toile de fond des soucis de piratage, de droits pour les artistes, etc. Ce fut une grande aventure, avec de nombreuses montées d’adrénaline, quelques mots plus hauts que les autres.

Nous n’en sommes plus là. Mais avec les canaux de diffusion qui se sont multipliés, la diffusion des chaînes en permanence, il faut remplir. La multidiffusion est une routine, et le film en est l’un des matériaux essentiels. Et très logiquement, toutes les réserves disponibles sont exploitées. Dès lors, et en tenant compte des données de l’observatoire européen, une question ne peut que surgir. Le public pourrait-il réagir avec mauvaise humeur en s’apercevant qu’on lui vend des écrans de plus en plus performants, sur lesquels il regardera une proportion de contenus ayant plus qu’un certain âge, un âge certain. Ce qui ne vaut d’ailleurs pas que pour le cinéma. Cette réalité qu’il n’était probablement pas possible d’éviter amplifie tout ce qui accélère la banalisation de l’univers audiovidéo.

Source DVSM

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