Accueil / Actualité / Délocalisations, toujours multiples, vers de nouveaux pays et selon de nouveaux critères.

Délocalisations, toujours multiples, vers de nouveaux pays et selon de nouveaux critères.

Contrairement aux idées reçues, les délocalisations industrielles dans l’électronique sont loin d’avoir atteint le terme de leur itinérance. Les pays « délocalisateurs » d’hier devenant les délocalisés d’aujourd’hui. 

DVSM, 26 mai 2021. Historiquement, les délocalisations industrielles ont longtemps été associées à la recherche d’une main-d’oeuvre compétitive, ce qui n’est plus l’unique réalité à présent. Le Japon a été le symbole de cette migration des productions de masse il y a un demi-siècle, sensation amplifiée par les explosions quasi simultanées des marchés de la haute fidélité, de la vidéo (magnétoscopes), de la photographie. Toutefois, après 1964 et les JO de Tokyo, considérés comme le tremplin de la puissance nippone, cette analyse d’une production moins onéreuse grâce à des salaires inférieurs à ceux d’autres zones géographiques cadrait mal avec la réalité. La hi-fi, la photo, ou dans un autre univers, les motos, ne se sont pas caractérisées alors par des prix compétitifs, mais par des technologies très abouties et des fiabilités très supérieures aux standards occidentaux.* Il n’en reste pas moins vrai que des territoires tels que la Corée du sud, Taïwan, et quelques autres, dont la Chine, ont aussi attiré des productions de masse, japonaises incluses, pour des critères économiques.

Aujourd’hui, les mouvements de délocalisation subsistent. Cependant, les industries n’en sont plus aux initiatives passées. Du moins, plus tout à fait. Dans le textile, le meuble, certains segments de l’agro-alimentaire, même des transports sur de longues distances peuvent entrer dans un réduction de coûts affectant des produits finalisés. Dans l’électronique, les critères sont différents, en particulier parce que les fabrications ne sont plus possibles autrement qu’avec une automatisation considérable. Celle-ci est d’ailleurs liée à la nature même des ingrédients de ces secteurs industriels. On imagine mal les centaines de milliers de transistors animant des microprocesseurs assemblés manuellement…! De ce fait, l’impact d’un coût salarial n’est plus déterminant.

En revanche, la concentration en un faible nombre d’unités de production entraîne des surcharges, que les pénuries actuelles ne font que souligner. Les délocalisations s’imposent ainsi fréquemment pour répondre à des demandes en flux extrêmes, qui plus est au gré des saisons. Les pays qui bénéficient de ces nouvelles délocalisations restent dans le berceau mondial des techniques électroniques, à savoir l’Asie**. Le Vietnam en est l’exemple typique, comme le Cambodge, des pays qui sont un peu des nouveaux venus (plus tardivement sortis des conflits géopolitiques), proches géographiquement, et ayant un atout supplémentaire à travers leur développement intérieur, qui permet une diffusion locale pouvant lisser les fluctuations saisonnières évoquées plus haut.

* C’est par une fiabilité extrême démontrées par des études de consommateurs que l’automobile japonaise s’est imposée aux USA, dès le début des années 70.

** Les « spécialités » ont bougé avec le monde. Jadis, en France, Thiers fabriquait ses couteaux, Cholet ses mouchoirs, et de nombreuses spécialisations locales étaient ainsi recensées. Elles découlaient parfois de ressources locales (des minerais, ou plus simplement des rivières capables d’animer des mécanismes, et d’initiatives individuelles, ayant provoqué des bassins de savoir-faire. Ces spécialités sont devenues des localisations planétaires.  

Source DVSM

 

 

A voir

En 9 mois de 2021, les APN reprennent un peu de vigueur, loin des scores du passé.

L'infernale dégringolade des ventes d'appareils photo semble enrayée.....