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Désastre économique, on met tout dans la même poubelle, on ne trie plus…?

DVSM, 23 juin 2020. – Analyse – Les circuits de l’habillement semblent ces jours-ci plus notablement affectés, mais ce n’est qu’une illusion d’optique. Celle-ci résulte de procédures ouvertes d’une manière fortuitement concomitante. En réalité, les effondrements ne se multiplient pas seulement dans ces secteurs. Si des enseignes telles que Celio, Naf-Naf, Camaieu, La Halle ou des établissements plus autonomes trébuchent, cette vague s’ajoute à une tendance déjà bien amorcée avant l’irruption du virus, dans des secteurs très divers. Les mésaventures spécifiques de certains (Conforama, Toys’r Us…), les longs feuilletions (La Halle…) ou les stratégies correctives déjà engagées (Brice regroupée avec Jules, dans la galaxie Mulliez…) traduisaient depuis plusieurs années une situation rendant inévitables des restructurations d’ampleur, ce que DVSM avait souligné à maintes reprises (mais bizarrement fort peu évoquée par observateurs et médias).

Depuis quelques années, les générations du baby-boom sont entrées en masse dans le monde des « seniors » (la pudeur médiatique ne permet plus de parler de « personnes âgées), monde où les besoins sont moins importants que dans les épisodes de vie plus jeunes et actifs. D’où une consommation qui s’érode, avec une influence plus marquée parce que les générations plus jeunes sont, en occident, et depuis deux à trois décennies, nettement moins nombreuses. Par exemple, sur notre territoire, le nombre des naissances annuelles reste à peu près de la même ampleur* par rapport aux actuels 67 millions de Français qu’au cours des années 45-55, par rapport à une population qui n’avait même pas encore franchi la barre des 50 millions d’individus.**  En constatant les nombreuses défections enregistrées dans le commerce outre-Atlantique, DVSM avait même eu l’audace d’imaginer que des fermetures du même ordre n’étaient pas à exclure sur notre sol.

Et le virus est arrivé. Le déconfinement a eu l’effet d’un coup de grâce sans pitié sur un terrain dont certaines fractions étaient déjà fort mal en point, avec de-ci de-là, telle une cerise amère sur un gâteau infecte, les séquelles de bientôt deux ans de gilets jaunes et de grèves. D’où, pour quelques acteurs aux abois, le désir et même le projet, de précipiter dans les poubelles de l’histoire de la distribution aussi bien des effets directs et très ponctuels des mesures de confinement et les décombres d’un univers dont certains secteurs étaient mal en point ou condamnés. Comment ne pas comprendre la difficile mais juste discrimination dans la distribution des prêts garantis par l’Etat (PGE) dont quelques échos surgissent soudain. Au-delà de ces innombrables facettes de la période actuelle, il est clair que l’effet d’aubaine résultant de l’état des lieux, des navires en passe de faire naufrage seront bel et bien envoyés par le fond. On efface tout pour recommencer, tant pis pour les créanciers qui seront à leur tour entraînés dans ces naufrages. On ne fait pas d’omelette…

* Entre 700 et 800.000 naissances
** La première véritable chute de la natalité a été observée en France au cours de l’année 1976.

Source DVSM

 

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