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Distribution, masques ou pas masques, le choix entre mort ou paralysie…?

Une grande confusion dans les explications au sujet de la disponibilité des masques laisse entrevoir une interrogation majeure, avec implications économiques.

 DVSM, 20 mars 2020. L’absence de masques et de gel désinfectant semble bel et bien donner un poids beaucoup plus lourd aux facettes pénalisantes de l’épidémie pour le commerce (au sens la plus large). De nombreux témoignages font en effet état de meilleurs résultats obtenus dans des pays, notamment asiatiques, où ces accessoires essentiels ne font nullement défaut. Faut-il en conclure que, sans cette pénurie liée à un imbroglio coupable au niveau de nos responsables de santé, les établissements commerciaux auraient pu mieux fonctionner, soit avec moins de fermetures d’établissements, soit avec des fermetures sur une durée diminuée…? On croit rêver, ou plutôt cauchemarder, lorsque l’on comprend que depuis plusieurs années, « on« * a laissé s’effondrer les stocks, sans que personne ne s’en préoccupe.

Nous revivons, dans un contexte à peine différent, l’époque où nul ne se préoccupait de prévoir, pour les navires, assez de bateaux de sauvetage pour accueillir la totalité des passagers et des membres d’équipages, dans l’éventualité d’un naufrage. Il aura fallu la tragédie du Titanic pour que cette légèreté soit gommée. 2020 sera-t-il le millésime d’un Titanic de l’économie et du commerce dans notre pays…? Avancer à visage masqué aurait sans aucun doute été préférable à une inaction à visage découvert.

Dès lors, comment réagir à l’écoute de responsables qui dans un discours, demandent à tous de rester strictement confinés, et dans un autre, poursuivent en soulignant sans sourciller qu’il est indispensable que ceux qui peuvent travailler soient à leurs postes…?  Certes, nos pénuries Hexagonales ne sont pas les seules sur le Vieux Continent. Mais cette réalité n’est nullement une consolation. Pour de nombreux professionnels (et plus encore les intervenants des systèmes de santé) on en arrive à une sorte de choix entre s’abstenir, au risque de souffrir d’une paralysie économique (d’ores et déjà catastrophiquement engagée), et travailler quand même, en ne comptant plus que sur ce mètre de distance** séparant chacun d’un risque de contagion et même de trépas.

Dans cette farandole des incohérences, certains hauts responsables dont les états de service laissent largement à désirer, éprouvent le besoin de s’adresser à tous sur un ton pas très loin de celui de l’engueulade. A ce petit jeu, au-delà de l’épidémie et de l’effondrement de la vie économique, un troisième danger menace, celui d’un ras-le-bol conduisant à un toujours possible vigoureuse colère collective.

* Ce pronom indéfini devrait d’urgence laisser place à des identités précises.
** Que, dans leur attitude hautement intellectuelle, les intervenants officiels ont baptisé de l’élégante formule « distanciation sociale », par peur d’être confondus avec ces foules quasi incultes qui ne s’expriment qu’en français simple de tous les jours.

Source DVSM

 

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