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Domotique, e-domotique quand ça ne veut pas… Ailleurs le futur ?

Depuis des années, l’électronique tente d’investir le logement de tout consommateur en prenant en charge des fonctions qui se sont jusqu’à présent révélées assez peu motivantes. La tendance à la connexion relève le gant, mais est-ce bien convaincant…?

 DVSM, 14 mai 2019. Lorsqu’au début des années 60, les ménages du Vieux Continent, France incluse, ont commencé à se doter d’équipements électroménagers, la puissance du mouvement était proportionnelle au soulagement éprouvé par la « ménagère » dans la suppression de tâches aussi répétitives que pénibles. Il faut d’ailleurs remarquer que cette révolution pour les conditions de vie au quotidien arrivait sur notre sol comme elle était arrivée outre Atlantique près de quatre décennies plus tôt, dès les années 1920, au lendemain de la première guerre mondiale. Certains musées, dont les USA sont d’excellents spécialistes*, mettent en scène les équipements ayant surgi à cette époque. Aspirateurs, machines à laver le linge et plus tardivement la vaisselle, les équipements culinaires ont métamorphosé la vie des consommatrices américaines. Ceci guidé par une perspective ambitieuse et dominante, consistant à libérer non seulement la ménagère mais toute la famille de tâches fatigantes, dévoreuses de temps et ennuyeuses au possible. Un petit miracle du modernisme qui promettait autant la fin du mal de dos que l’avènement du temps des loisirs, et d’ailleurs, inondait déjà le logement des sons palpitants de la toute jeune radio.

Quels soulagements majeurs le logement connecté d’aujourd’hui promet-il à ses occupants…? Une révolution n’est grande que par les changements qu’elle induit. Les logements désormais qualifiés de connectés et, expression récurrente, « du futur », tentent de prendre le relais d’une domotique dont les charmes s’épuisent avant même d’avoir réellement opéré. S’ils permettent de multiples commandes à distance (depuis le jardin ou d’une plage proche d’Honolulu), des programmations et des automatisations qualifiées « d’intelligentes », leurs apports paraissent encore bien futiles aux yeux des consommateurs, comparés par exemple aux progrès évoqués plus haut, trop abstraits et modestes pour provoquer la ruée attendue.

Depuis plusieurs années, des enquêtes montrent que la sécurité, l’énergie et le… confort (notion assez vague) sont les axes dans lesquels les consommateurs reconnaissent être intéressés. Les objets connectés figurent dans le champ des perspectives d’une vie connectée inéluctable. Mais mi-2018**, pratiquement 90% de nos semblables ne disposaient même pas d’un seul et unique de ces objets. Et les réticences restent scotchées à quelques interrogations touchant la réelle utilité, la concrète efficacité et la probable complexité de mise en œuvre. Peut-être faudra-t-il à cette génération technique ajouter aux démonstrations un gros travail de recherche sur des besoins réels, recensés ou non, et le recours à un marketing de l’offre plus orienté sur des fonctions tangibles que sur des aptitudes techniques. L’histoire récente nous a appris, avec des succès fulgurants (Walkman, magnétoscopes, lecteur CD et DVD, téléphones mobiles, smartphones…) que lorsqu’une innovation est totalement et instinctivement convaincante, il n’est nul besoin de s’agiter autour comme avec une mayonnaise récalcitrante pour la faire grimper…! Si ça ne monte pas, c’est que ça ne parle pas (à l’utilisateur)…

*Bien peu touristique, la ville de Detroit, ex-capitale de l’automobile, offre ainsi l’un de ces musées les plus intéressants, qui porte le nom de son illustre fondateur, Henry Ford. Véritable histoire concrète de l’innovation, on y découvre les équipements qui s’offraient aux consommateurs américains il y a presque un siècle. 

** Enquête Habitat, Harris Interactive, été 2018.

Source DVSM

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