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Droit à l’oubli ou comité de censure ?

Nous n’en n’avons pas fini de mesurer les conséquences de l’obligation imposée aux moteurs de recherche, Google en tête, d’effacer des liens au nom du Droit à l’Oubli. Déjà Google doit gérer des dizaines de milliers de demandes, et nous n’en sommes qu’au tout début de ce Droit.  Sauf que certains blogueurs, journalistes et essayistes accusent le géant de l’Internet d’effacer des articles d’opinion qui n’ont rien à voir avec la vie privée.

Ainsi, au nom du Droit à l’Oubli, Google a supprimé un article publié sur son blog en 2007 par  Robert Preston, chroniqueur à la BBC à propos  du départ de Stanley O’Neil ex P-dg de la banque Merrill Lynch après la crise des subprimes et les pertes vertigineuses de l’établissement financier cette année-là.

Robert Preston vient de recevoir un courrier de Google pour le prévenir de la suppression de liens vers son article, à la suite d’une demande, qui reste d’ailleurs pour l’instant anonyme.  Pour Robert Preston, il est aberrant de se prévaloir du Droit à l’Oubli dans ce cas précis : « La plupart des gens argueraient qu’il est très approprié au contraire de pouvoir connaître les antécédents, bons ou mauvais, d’un dirigeant. » L’argument n’a rien d’aberrant. Il pose bien la question des zones d’incertitude créées par ce Droit à l’Oubli.  D’aucuns hurlent déjà aux menaces sur la liberté d’opinion, et proclament que tout un chacun peut se muer en censeur aux pouvoirs parfaitement arbitraires. Le Droit à l’Oubli vient juste d’être instauré. Néanmoins, on peut déjà imaginer certaines voies d’interprétation.

Dans le cas de Robert Preston, c’est-à-dire d’un article informatif publié sur un personnage public, sans aucun attribut diffamatoire, Google et les autres moteurs devront demander son avis à l’auteur du texte et révéler l’origine de la demande d’effacement. En revanche, dans les cas d’affaires parfaitement privées, Google pourra effacer les liens de manière plus simple, plus automatique. Mais il faudra sans doute de nombreuses procédures et l’élaboration d’un corpus de jurisprudence avant de maitriser les règles. D’ici là nous pouvons parier que le Droit à l’Oubli fera la fortune des juristes et l’encombrement des tribunaux.

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