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Eco et crise, faut-il croire au très étrange optimisme d’un Ministre de l’Economie…?

En annonçant il y a quelques jours et sans la moindre hésitation un vigoureux rebond économique pour 2022, Bruno Le Maire semblait déjà tout savoir sur la fin de l’épidémie. Cherchait-il plutôt quelque effet placebo à l’attention des entreprises commerciales, artisanales et industrielles…?

 DVSM, 25 octobre 2020. Voilà ce qui s’appelle « s’avancer »…! Dans l’une des innombrables interviews où des dirigeants s’expriment, le Ministre de l’Economie qui, milliard après milliard, tente de tenir tête au virus et à ses conséquences, s’est soudain montré bien affirmatif. « Nous aurons une forte reprise économique en 2022 » a-t-il ainsi affirmé en substance, sur le ton de l’interlocuteur sûr de son fait. Voilà une attitude qui contraste sérieusement avec la tonalité de nombreux autres intervenants, politiques, médicaux et scientifiques, d’où il ressort l’aveu de nombreuses méconnaissances à propos de l’agent pathogène, de ses modes de propagation, de ses éventuelles mutations, des maladies qu’il déclenche (le spectre des pathologies, qui s’étend du quasi sans symptômes sans gravité aux affections lourdes et avec séquelles, sans qu’en soient bien connues les raisons). Nos dirigeants pourraient sans honte reconnaître cette faiblesse, qu’ils partagent avec la plupart de leurs homologues européens et même au-delà du Vieux Continent. Le quasi échec marseillais qui est en train de se constater (en dépit de quelques explications alambiquées), suite aux mesures prises avec l’énergie, encore dans les mémoires, dans la seconde métropole française, incite quelques spécialistes à reconnaître sans dissimulation qu’aucune certitude n’est établie sur les lieux de contamination.

A moins que Bruno Le Maire cherche à esquiver une vague montante de reproches à propos d’un plan de relance surtout axé sur un moyen terme et dans lequel la consommation est quasi absente. Sur ce plan, la stratégie de l’Hexagone n’est pas en tous points comparable à celles de quelques uns de nos voisins. Elle suscite une lourde interrogation: aurions-nous gaspillé des possibilités en choisissant de ne pas miser avec vigueur sur une relance énergique de la consommation, maillon vital et ultime d’une part déterminante de toute la chaîne des activités. Un peu comme ce pilote dans un avion en difficulté qui n’aurait pas profité d’une accélération momentanée du régime de ses réacteurs pour au moins reprendre un peu d’altitude… Pour l’heure, loin d’être orientée vers le positif, l’économie est au contraire face à la nette remontée des contaminations, impliquant la perspective d’une réduction à nouveau progressive des échanges, dans un délai que nul ne peut plus définir, mais à propos duquel les avis « autorisés » les plus nombreux évoquent sur une durée d’au moins plusieurs mois, voire davantage. Alors dans tout ça, 2022, c’est un peu du Samuel Beckett, avec ce Godot que l’on attend, attend, attend…

Source DVSM

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