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Ecrans et redevance, au top des explications oiseuses…

L’application du prélèvement pour l’audiovisuel public préfigure une pure et simple fiscalisation de ce prélèvement. Arpagon, Macron, même combat…?

 DVSM, septembre 2018. Redevance sur fenêtre. Pas de télé, pas de smartphone, pas de tablette, pas de PC, mais il faudrait quand même payer si, malgré tout, il reste acrobatiquement possible de voir l’écran plat du voisin d’en face par la lucarne des toilettes. Depuis fort longtemps, la collecte de la redevance télé était « adossée » (terme juridiquement flou) à la taxe d’habitation. Redevance, taxe, au diable les spasmes d’un certain vocabulaire, c’est un prélèvement obligatoire, un de plus. Pas bon marché au demeurant, car si l’on ne tient compte que des programmes relevant réellement et objectivement d’une fonction de service public* en excluant tous les autres, c’est assez cher payé la minute, d’autant que, cette redevance ne suffisant pas, l’Etat (donc le corps des contribuables**) rallonge la sauce chaque année.

Chacun a cependant compris que l’équipe au pouvoir (les autres auparavant n’avaient pas fait mieux) n’a plus qu’un objectif, pomper, gratter, râcler, jusqu’au dernier atome contributif possible. Il n’est donc pas étonnant que cette obsession de « vouloir taxer tous les écrans » (par souci de justice et d’équité, bien entendu), qui flotte dans les brumes de Bercy depuis une éternité, remonte en surface régulièrement. Mais il est plus étonnant d’entendre que l’on envisage cette taxation pour tous les écrans puisque de toute façon, le taux d’équipement en téléviseurs des foyers français est déjà à son maximum. Seule hypothèse pouvant dès lors expliquer ce détail, un grain de sable dans le côté déclaratif. Tel que dans les vieilles baignoires à l’origine de tant de problèmes migrainogènes de notre vie scolaire, il se peut que le mécanisme soit affecté de larges fuites. Comme un souci n’arrive jamais seul, un autre obstacle vient de se lever à propos de ce financement. Adossé, comme déjà souligné plus haut, à la taxe d’habitation qui va être supprimée, voilà un adossement bien mal parti.

Un intelligent intervenant à Bercy, le MacGyver de la ponction, face à un anéantissement des troupes et de l’inspiration pour aspiration, a probablement émis une hypothèse frappée du plus élémentaire bon sens. Pour en finir avec le déclaratif toujours susceptible d’une certaine resquille, il suffit de taxer tout le monde. Et hop…! Tous par la caisse…! Sauf que ce n’est pas si simple. Sans taxe d’habitation, il faudrait s’adosser à autre chose. La taxe foncière…? Le propriétaire paierait alors pour la téloche de son locataire…? Pas jouable. Adosser à l’impôt sur le revenu…? Oui, mais seulement 47% des ménages étant imposés, c’est plus mauvais que le déclaratif. Avec le prélèvement à la source…? Donc quand l’homme jadis dit « chef de ménage » travaille seul, on paie une fois, si madame va aussi au turbin, deux fois, et si les deux grands jumeaux de 17 ans ont un job d’étudiant, deux fois de plus…? Serait-ce cela, cette théorie du ruissellement si souvent évoquée…? Reste la taxe à l’achat, que certains préconisent, avec la taxe à la vente d’occasion, pour ceux qui revendent leurs smartphones poussifs vieux de presque deux ans…

* Au risque d’être qualifiés de provocateurs à répétition, il semble que certains programmes n’ont que bien peu de rapport avec la notion de service public telle que l’entretien des routes (pas fait) ou des ponts, la police, etc.

** Plus que les « seuls contribuables », tout ce qui contribue, mort ou vif, donc particuliers, entreprises etc.

Source DVSM

 

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