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Epargne et commerce, face à la traduction d’une peur qui monte pour le futur du foyer.

Epargner, c’est garder des ressources pour « plus tard ». Mais quand vient-il, ce « plus tard » ? Face à un incendie, doit-on mettre les lances au repos, et garder l’eau pour plus tard, au cas où ?

DVSM, 19 juin 2020. En matière d’économie et de consommation, le « cas où », c’est maintenant. Si la menace du virus tend à perdre de son importance, celle des difficultés dites « économiques », grandit un peu plus chaque jour. Ce que tout individu traduit à titre personnel par « problèmes d’emploi et d’argent en perspective ». Loin de rassurer les foules, nos gouvernants semblent confondre la préparation d’un monde du futur flou et plutôt punitif avec retour le plus prompt possible à une consommation au moins équivalente à celle connue avant l’épidémie (voir supérieure, nécessité de rattrapage à la clé). Il y a urgence car les individus hésitent. Après un retour finalement modéré vers les sorties caisses, les chalands restent très frileux, et les recettes du commerce bien ternes. Ce comportement se comprend. D’abord parce que la crainte du virus n’est qu’émoussée, mais absolument pas éteinte, comme le rappellent à chaque instant toutes les mesures barrières qui restent en vigueur. Dès lors, l’avenir mi-clair mi-sombre fait que la crise s’auto-alimente. Donc pas de dépense à tort et à travers. Au contraire, l’heure est aux achats minimalistes, le strict nécessaire, on ne sait jamais… Car même si le virus finit par s’effacer, les séquelles économiques grippent toute velléité d’achats hors du minimum contraint.

Paradoxalement, il serait au contraire essentiel de trouver les mesures et même les astuces ou ficelles capables de conduire ménages et individus à consommer davantage, et notamment susceptibles de les encourager à remettre au moins une part de leur épargne dans la vie active. Sous différentes formules allant de l’argent de côté sur des comptes courants bancaires aux classiques livrets A et assurances vies, la Banque de France estimait en 2018 cet argent gelé à plus de 3.000 milliards d’euros, et même plus de 5.000 milliards en ajoutant les fonds en actions détenus par les particuliers.

En 2019, ce réflexe de l’épargne a encore progressé. A ce moment, 64% de nos concitoyens parvenaient à mettre régulièrement quelques ressources de côté, 38% le faisant même tous les mois*. La moitié, ou même seulement le tiers de ces sommes réinjectées dans la consommation auraient un effet catalyseur non négligeable. L’Etat, qui multiplie les aides colossales en mille et une directions, s’y retrouverait aussi largement, au moins par deux effets, le premier sous forme de retour dans ses caisses d’un flux nourri de TVA, et le second par l’allègement induit des charges liées à un chômage inévitablement réduit, puisque pour servir un fort élan de consommation, il faut des bras. Ces effets bénéfiques, y compris via la TVA, seraient même engrangés si les importations s’avéraient importantes. Reste un défi à relever : convaincre ces épargnants de savourer le plaisir de dépenser, et donc trouver les arguments pour évacuer leurs craintes.

Le discours des décideurs va hélas dans un sens totalement opposé. En mélangeant un très hypothétique monde de demain, fait de soucis plus ou moins anxiogènes, ce sont surtout de mauvais présages que les citoyens voient s’amonceler, tels d’obscurs nuages dans un ciel déjà tourmenté. Plus que jamais, de quoi les inciter à garder une poire pour la soif.

* Selon une évaluation ressortant d’une enquête réalisée au premier semestre 2019 par Harris Interactive, sur un échantillon de 1.000 personnes, représentatif des français de 18 ans et plus, méthode des quotas.

Source DVSM

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