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Europe 1, la radio jadis ultra-leader victime logique d’une longue évolution…

Rien ne semble pouvoir stopper le lent recul de celle qui fut et de loin la première station de radio de l’Hexagone. Il est pourtant probable que l’origine du mal ne soit pas très mystérieuse.

 DVSM, 2 décembre 2019. Les histoires de monopoles finissent mal, en général. Tout est probablement passé au crible pour comprendre pourquoi rien ne vient stopper la dégringolade qui chasse doucement la station du club des « grandes radios ». Ce qu’elle reste, oui, mais… Le recrutement de vedettes des ondes et du petit écran n’a pas été probant. L’investissement personnel d’Arnaud Lagardère, qui s’y était engagé, n’a pas réussi le redressement dont il avait clairement affirmé faire son affaire personnelle. Et, comme cela était déjà évoqué il y a quelques jours (lire ou relire ici), on ne retrouve pas les auditeurs perdus dans l’audience des autres stations. Bien sûr, chacun songe aussi aux rangs des baby-boomers, fidèles dès la création dans les années 50 et portés par des succès dans le sillage de Salut les copains, qui tendent à s’éclaircir.

Un aspect purement technique n’est pas à écarter, même s’il est peu commode à évaluer. Arrivant à l’heure de retraites tranquilles, bien des citadins, (et en particulier de nos grandes métropoles) s’éloignent pour s’installer là où la vie est plus calme. Des périphéries campagnardes se peuplent d’ex-parisiens, d’ex-lyonnais, etc. Or, selon nos nombreuses constatations*, capter Europe est loin d’être une affaire facile en tous points du territoire, là où un concurrent au logo rouge est nettement mieux reçu. Pareil pour les grandes voies de circulation (autoroute, routes nationales).

Mais au-delà de ce qui n’est peut-être pas un détail, le repli pourrait bien être la conséquence de ce piège à retardement que la longue phase de monopole imposée au pays jusqu’au début des années 80 réservait aux vedettes des ondes. Vedettes des ondes qui furent peu nombreuses, limitée depuis l’après-guerre à trois principaux acteurs, alphabétiquement Europe 1, France Inter, et RTL, et quelques stations à vocations plus locales. L’arrivée des radios libres n’a pas immédiatement provoqué d’évasion d’audience pour l’ultra-leader, mais n’a pas non plus permis de renouveler les générations de son auditorat.

Alors que les fidèles d’hier sont peut être moins nombreux et plus difficiles à couvrir, ceux-ci, qui plus est, retrouvent de moins en moins la radio qu’ils appréciaient, notamment du fait des nombreux changements de grille, de directions et d’intervenants à l’antenne, opérés pour tenter d’enrayer la voie d’eau. Qui plus est, bon nombre de ces intervenants historiques ont eux-mêmes pris le chemin de la retraite ou ont disparu. Il n’est pas certain aujourd’hui qu’un remède puisse se révéler efficace. Sauf nourrir une nouvelle spécificité, pour un nouveau public. Et c’est une autre histoire. C’est bien connu, plus on monte haut, plus la retombée risque d’être vertigineuse.

* Pour rester au contact de la distribution, sillonner notre belle contrée est une habitude quasi quotidienne pour DVSM.

Source DVSM

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