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Europe et US, gros problèmes en chaînes…

Auchan, Sears, nouvelle louche de soupe à la grimace dans quelques enseignes majeures de grande distribution. Les temps changent, les chaînes de points de vente ne suivent pas…

DVSM, octobre 2018 – Clamecy, octobre 2018… La jolie cité nivernaise (administrativement « bourgognisée »), malgré le soleil radieux de cette belle journée d’automne, présente un visage bien triste. La plaie à vif d’une sévère décadence commerciale de ses rues accapare le regard. Les magasins définitivement fermés, les uns contre les autres, soulèvent une question: comment revenir en arrière…? Cette désertion a, comme « un peu partout », selon l’expression familière, une cause très simple. Le commerce s’est déplacé vers la périphérie, où de petits centres commerciaux coiffés de supermarchés mènent la danse. Deux règnent sur ce petit morceau de France profonde. L’un, pimpant, rutilent, est nickel. Sur son fronton, le sigle Leclerc brille. L’autre est, pardon pour l’adjectif, à la limite du pitoyable. Auchan* est bien peu aguichant. Petite galerie vieillotte, un peu désordre, l’inconfort visuel y flirte avec l’inconfort tout court. Nous sommes samedi. Une sorte de brasserie aux allures bas de gamme est fermée, ses empilements de chaises soulignant une ambiance peu agréable. L’implantation de l’enseigne nordique a-t-elle souffert de la concurrence plus agréable…?

Quand un magasin est moche, les clients s’en vont ailleurs. Si les grandes manœuvres sont déclenchées dans le Nord, c’est parce qu’à plus de 150 millions de pertes, la correction de cap est indispensable. Edgard Bonte, nouveau patron du groupe fraîchement promu, au-delà des grandes manœuvres stratégiques qui vont se déclencher, fera-t-il le lien entre Clamecy, qui n’est qu’un exemple, et les autres aspects du problème. Selon nos constatations, que le public peut faire aussi quotidiennement, un décalage sensible commence à affecter certaines grandes enseignes et leurs concurrents locaux dans ce que dans l’industrie on nommerait « qualité perçue ». Des bastions tenus par des indépendants, InterMarché, U, par exemple, relèvent avec brio les défis de cette qualité perçue que les adhérents Leclerc maîtrisent. A trop tarder, les remises à niveaux chez ceux qui tardent pourraient être douloureuses.

Si Auchan est bien loin de risquer une catastrophe, il n’en va pas de même sur l’autre rive de l’océan où, en dépit de ses 125 ans d’âge, l’ex-toute puissante Sears poursuit une inexorable dégringolade. Ses responsables cherchent des solutions, et se préparent à mettre les chaloupes à la mer, comprenez, recourir au célèbre chapitre 11 (correspondant à notre cessation des paiements, et non la « faillite », comme l’évoque une fois encore par visible méconnaissance du sujet un -au moins- média économique). Dans le rouge depuis huit années consécutives, la situation de l’ex-gloire de la distribution américaine est en effet évocatrice d’un naufrage possible. Quels points communs entre Auchan et Sears…? Une entrée pour le moins brouillon dans le monde d’aujourd’hui, avec moins de renouvellement de populations, des clients moins jeunes ayant moins de besoins (et d’envies…?), et des stratégies de courses en avant trop longtemps prolongées. Compliqués, les changements d’époques…!

* Photo Google Earth

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