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Europe, le naufrage…? -3- Déjà trop tard pour enfin bien faire…?

L’EUROPE des réglementations existe, pas encore l’Europe des émotions… C’est certainement sur le quotidien et sur l’émotionnel que l’UE conserve pour le moment sa plus grande insuffisance, qui risque de faire un jour chavirer le navire…

DVSM, 23 mai 2019. Les élections qui vont se dérouler dans quelques jours n’ont pas pour but de trancher entre un « pour » ou un contre » l’union. A quelques exceptions près, modestes selon les sondages, la sortie de la construction européenne n’est plus dans aucun programme des grandes listes françaises. En revanche, les envies de modifications importantes ou même profondes sont exprimées par la totalité des candidats. De nombreuses questions essentielles sont posées. Leur apporter des réponses efficaces n’est en rien une chose facile. En revanche, pour tous ceux qui ambitionnent de pouvoir poursuivre une construction de l’UE correctement, il est indispensable que des éléments très concrets, y attachant ses citoyens d’une manière irréversible, pour ne pas dire « aux tripes », soient développés.

Le cadre émotionnel pourrait bien être le plus important. Une fête de l’Europe, incluant un jour férié à l’échelon continental, un hymne plus unifiant et moins impersonnel que la musique de Beethoven, certes belle, mais qui n’a pas beaucoup marqué les esprits, sont au nombre des choses à initier. Ce qui n’est pas du ressort de l’univers des produits techniques ni de celui du commerce. Pour ces axes nettement plus matériels, un regard très concret devrait être le bienvenu. Ceci en tenant compte d’une réalité historique. Créée pour établir la paix entre des nations qui se faisaient la guerre depuis des millénaires, l’UE s’est muée en une initiative à but économique. Chiche…!

Or, s’il est question de « grand marché », celui-ci doit avant tout apporter des économies d’échelles, et non des surcoûts. En maintes choses, voir à l’échelon de ses nombreux pays suggère de nombreuses unifications, en rien dérangeantes notamment pour des élus ne souhaitant pas abandonner leurs prérogatives. Et ce cheminement est aussi de nature à créer ces facilités du quotidien que l’on n’abandonne pas une fois adoptées. D’où ces questions…  Pourquoi les ménages européens n’ont-ils pas pour leurs installations électriques domestiques les mêmes normes, les mêmes tensions, les mêmes prises, les mêmes interrupteurs, les mêmes connexions à la terre…?

Pourquoi les automobilistes de l’UE n’ont-ils pas une signalisation en tous lieux identique et des règles unifiées, voire des limitations de vitesse harmonisées…? Pourquoi, lorsqu’ils prennent le train, les voyageurs ne peuvent-ils compter que sur des réseaux nationaux, aux tensions d’alimentation, aux signalisations, aux qualifications des conducteurs, aux matériels roulants, propres à chaque pays…?

Pourquoi les 28 états membres de l’Union en sont-ils encore à disposer d’opérateurs de téléphonie à raison de 2, 3 ou 4 par pays, soit des dizaines en tout, quand aux USA, quatre réseaux majeurs servent une population comparable à celle du Vieux Continent…? Les exemples pourraient encore se multiplier de ces ratés de l’Union dans un quotidien que les Européens n’auraient sans doute pas envie de perdre s’ils étaient harmonisés…? Ce sans écorner ni les valeurs ni les fondements culturels les plus enracinés des uns et des autres. Dans ce quotidien, l’Euro joue lui-même un rôle pratique. Qui se souvient de l’époque où chaque franchissement de frontière rendait nécessaire le passage par un bureau de change, ne serait-ce que par précaution, pour pouvoir faire un plein, acheter quelques bonbons ou souvenirs, ou pour pouvoir passer un coup de téléphone en cas de besoin…? Et qui se souvient des pièces et petits billets perdus à jamais, quelques francs belges, quelques florins, des marks allemands… Sans oublier des lires après un déjà lointain week-end à Venise, des pesetas restées des vacances à la Costa Brava…

Où est l’esprit d’une union, quand il aura fallu attendre plus d’un quart de siècle pour que la téléphonie mobile cesse de faire du franchissement de frontière par les abonnés un système pour encaisser du cash…? Comment s’étonner que de nombreux européens en soient arrivés à souhaiter un « euroxit » généralisé dont on se demande q’il ne va pas mettre à bas ce château de cartes prometteur…? Les petites choses comptent autant que les grandes. Comme dans le commerce, c’est au niveau du détail que tout se gagne ou se perd…

Source DVSM

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