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FACEBOOK : données personnelles et tourmente logique…

L’affaire Cambridge Analytica qui entraîne Facebook dans une énorme turbulence fait penser à ceux qui jouent trop avec les allumettes…

DVSM, mars 2018 – Il y a des convocations qui marquent plus que d’autres. Celle dont Mark Zuckerberg, patron de Facebook, fait soudain l’objet est de celles-là. « Invité » -mot gentil- à venir s’expliquer devant une commission parlementaire britannique, cet épisode est de ceux qui devaient un jour arriver. Inutile de rappeler ce qui est au centre de cette affaire, tous les médias en on parlé, en parlent et en parleront. Depuis longtemps déjà, tout individu lucide qui se promène sur le net et y répond à des questions sait que ses réponses vont partir dans d’innombrables machines à analyser et à déduire dans tous les sens. Un internaute qui utilise le mot « bretelles » sur un écran quelconque reçoit immédiatement mille et une offres pour des bretelles de toutes sortes, de toutes couleurs. Multiplier ce genre de réactions-déductions et en faire des dossiers exploitables commercialement ou politiquement est devenu à la mode.

Mais au-delà d’une certaine limite, le système ne peut qu’exploser. Peu importe que les données aient été puisées avec ou sans le consentement des intéressés. « Les données conduisent tout ce que nous faisons » résume d’une manière révélatrice mais soudain humainement excessive l’accueil sur le site de Cambridge Analytica (photo), la firme britannique d’analyse par laquelle les excès de non confidentialité se retrouvent au cœur de l’affaire. Au-delà des suites de celle-ci, que Mark Zuckerberg vienne ou pas outre-Manche, qu’il ait perdu beaucoup de millions de dollars, de tout cela, il restera inéluctablement une trace dans la mémoire de chaque individu. Une tendance à la méfiance aussi. Comme chez ceux qui se sont fait une fois voler par un pickpocket et surveillent depuis toutes leurs poches, regardant avec une suspicion exacerbée le moindre quidam qui approche.

Voilà qui tombe mal, alors que d’un côté, tout, paiements inclus, se dématérialise pour s’enfoncer dans de ténébreux et inquiétants labyrinthes numériques, et que de l’autre, la frayeur face à l’intelligence artificielle et aux usages autonomes plonge le public dans une circonspection qui ne restera pas sans effet. De quoi même à s’attendre à l’éclosion prochaine d’un monde hors connexion, dans lequel l’anonymat sera la règle première et impérative. Trop de numérique pourra tuer le numérique, surtout s’il perturbe les libertés élémentaires.

Source DVSM

 

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