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Faut-il démanteler Google ?

C’est la question que commence à se poser beaucoup de monde des deux côtés de l’Atlantique.  Selon le Sherman Anti-Trust Act du 2 juillet 1890, aucune entreprise ne peut monopoliser son marché, et si nous n’en sommes pas encore là on y vient à grands pas.
Google et Youtube sont les deux sites les plus consultés de la planète, et de très loin.

Le moteur de recherche s’attribue quasiment les deux-tiers du marché de la publicité en ligne. Il peut se permettre quasiment ce qu’il veut : référencer ou non un site, favoriser outrageusement ses propres sites et faire payer les autres, au risque de fausser complètement le marché. Son operating system Androïd occupe plus des deux-tiers du marché de la mobilité malgré la résistance d’Apple et la volonté de Microsoft de percer sur ce marché. Google fournit les solutions pour gérer la domotique et la santé, en somme la vie même de tout un chacun.

Si l’on ajoute en plus des pratiques d’optimisation fiscale qui lui permettent d’accumuler des profits hallucinants, alors oui, nous allons entendre de plus en plus de voix pour exiger le démantèlement de Google. Selon la Fédération Française des Télécommunications, en 2011 Google et d’autres ténors de l’Internet ont payé 22 fois moins d’impôt qu’il aurait dû.

Au deuxième trimestre 2014, Google a enregistré une croissance de 22% de son chiffre d’affaires à 16 milliards de dollars. Des taux de croissance qui laissent rêveur. Et surtout qui provoquent un intérêt de plus en plus manifeste des autorités, américaines et européennes. Selon le toujours très bien informé ‘’The Register’’ la Commission Européenne veut savoir quelles conditions précises Google impose aux constructeurs de téléphonie mobile, et en particulier si Google ne délivre pas Androïd en fonction de conditions très favorables pour ses propres applications au détriment de la concurrence.

Des plaintes ont été déposées aux Etats-Unis. Et Bruxelles serait sur le point d’ouvrir une enquête formelle. Le commissaire européen à la concurrence, Joaquin Almunia affirme que : « La position de Google sur le marché des mobiles est d’autant plus importante que ces appareils supplanteront bientôt les ordinateurs de bureau dans l’accès à Internet.» La concurrence tente toujours de s’organiser.

Une initiative européenne
Ci et là, nous voyons se lancer des alternatives au moteur de recherche.  Les Fournisseurs d’Accès à Internet (à l’exception notable de Free) ont adhéré à l’initiative européenne Open Internet Project (OIP) créée en mai dernier. Il s’agit de se mobiliser en faveur d’un Internet « plus libre et plus ouvert », pour contrer la position archi-dominante de Google en Europe, moteur préféré de 90% des Européens.

L’OIP exige que Google adopte des conditions contractuelles et tarifaires plus transparentes et non-discriminantes et qu’il ne privilégie pas ses propres services au détriment de la concurrence. L’OIP regroupe des groupes aussi importants qu’Axel Springer, Lagardère Active, CCM Benchmark Group et le GESTE (syndicat des éditeurs en ligne) qui considèrent Google comme une menace majeure.

Les FAI et les opérateurs de télécommunication s’inquiètent aussi de la neutralité du Net. D’un côté il s’agit d’empêcher Google de délivrer des indications publiques plus ou moins orientées, et de l’autre, les FAI demandent des compensations financières en fonction des flux de données monstrueux provenant de Google et de ses dépendances.

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