Accueil / Actualité / Finalement, le Blu-ray n’aura jamais pris réellement l’avantage sur le DVD. À qui la faute ?

Finalement, le Blu-ray n’aura jamais pris réellement l’avantage sur le DVD. À qui la faute ?

Lors de son avènement, le Blu-ray Disc semblait prendre place dans la suite logique d’une belle aventure. Mais celui-ci arrivait tard, et devait perdre encore de son potentiel grâce à quelques faux amis.

DVSM, 19 juin 2020. Le DVD tient la dragée haute au Blu-ray Disc. Qui l’aurait prédit ? En réalité, tout le monde, parmi les observateurs lucides de ce domaine. En 2019, le DVD a attiré à lui 70% des recettes de la vidéo « physique »*. Certes, il perd doucement des « plumes » face à la vidéo dématérialisée (il détenait 75% de la valeur du marché il y a 5 ans). Il aura malgré tout bien assuré le relais après le VHS, grosses cassettes qui avaient converti le public aux plaisirs d’un choix de spectacle à la maison ne dépendant plus du menu limité de l’univers télévisuel.

Le Roi Lion avait connu un succès colossal lors de sa sortie en VHS (1995)
fut ensuite un best-seller tout aussi symbolique en DVD. 

En revanche, le BrD, dont le taux d’équipement en lecteurs progresse encore tout doucement (17,4% en 2019, 0,6% de plus qu’en 2018), voit malgré lui ses recettes s’émousser inexorablement. Les perspectives de la 5G et de la fibre ne peuvent qu’hypothéquer encore davantage le futur de ce mode de stockage matériel, collectionnable, apte à jouer les cadeaux de Noël ou d’anniversaire, et techniquement pourtant très performant. Comment en est-on arrivé là, et pourquoi ce relatif échec (ou succès de niche) du disque vidéo contemporain de la génération haute définition ?

Tout commence avec une histoire de rayon. Non pas celui d’un magasin, mais d’une diode laser. Au début des années 80, le CD-audio avait vu le jour, avec pour organe essentiel un rayon laser rouge. C’est avec ce même rayon que le DVD a conquis, grâce aux progrès des techniques de compression, son statut dans le domaine de la vidéo. Le succès fut plus que considérable, explosif, la dégringolade vertigineuse du prix des lecteurs favorisant son adoption rapide et massive par le public. Pendant ce temps, en laboratoire, des techniciens n’en avaient pas terminé avec le laser. Ils finirent par atteindre un but depuis longtemps recherché, émettre de la lumière cohérente (celle du laser) dans le spectre bleu. Avec un avantage majeur, bien plus fin que le rouge, le laser bleu était capable de lire d’exploiter la gravure** vidéo bien plus microscopique que celle du son. Aux premières heures du nouveau siècle, alors que la haute définition arrivait dans le giron de la télévision, la migration vers une définition supérieure de la vidéo enregistrée devenait une évidence. Oui, mais…

Cette belle promesse se déroulait cependant alors que les techniques numériques commençaient aussi à se propager à travers Internet, le futur d’une probable disparition de la nécessité de stocker sons et images. Une prophétie qui s’est concrétisée depuis bien au-delà des prévisions les plus hardies de l’époque, qui donnaient à quelques voix déjà l’occasion de prédire dès son lancement en 2006 un avenir peut-être moyennement assuré au Bluray Disc, celui du laser bleu et encore, à condition de ne pas perdre de temps. C’était sans compter avec l’arrivée tonitruante d’un concurrent soutenu essentiellement par Toshiba (et Microsoft). Une irruption plus stupide que méchante, sans doute nourrie par l’envie de nouer quelque juteux accord ou tractation. Ce perturbateur, le HD-DVD, qui fut abandonné par son initiateur dès 2008, n’en a pas moins créé un obstacle faisant perdre du temps au Bluray, par ailleurs perturbé aussi par une volonté d’inclure dans le standard des protections supposées éviter la piratage. Mais en 2008, quand le BrD a enfin cru voir son ciel se dégager, les premiers smartphones avaient été lancés, la tablette était sur les fonts baptismaux, et l’avenir clairement et définitivement bouché pour le stockage physique de films, séries et autres contenus vidéo. Cela alors que n’étaient pas encore envisagé le développement des plateformes de streaming. Le fort taux d’équipement et des ménages en lecteurs DVD (que la PlayStation 2 a largement épaulé) et les softs qui restent dans les étagères des utilisateurs donnent à ce support une vie encore nettement plus active que celle dont se contente le Blu-ray, encore plus « nichement » enrichi par sa version audio.

* Données : CNC, GfK.
** Sur un disque laser, les informations numériques sont matérialisées par de minuscules orifices pratiqués dans la couche réfléchissante du support. Le rayon laser est renvoyé vers un capteur optique, chaque interruption provoquée par le passage sur un de ces « trous » se traduit par une information (bit) que l’électronique exploite. La  lumière rouge se situe en bas du spectre lumineux, et a une longueur d’onde plus grande que celle du bleu, en haut du spectre, plus condensée. D’où un faisceau plus fin, et capable de détecter des informations physiquement plus petites. 

Source DVSM

A voir

Sennheiser, d’un côté, la joie d’un beau parcours, de l’autre, la suite amère d’une crise cruelle…

La pandémie qui tarde à s'éclipser provoque des contrastes désagréables, comme celui que vit cette firme en phase heureuse....