Accueil / Actualité / FNAC-Darty et Saturn, des repères que les circonstances reprécisent…

FNAC-Darty et Saturn, des repères que les circonstances reprécisent…

Le récent accord conclu entre les deux groupes de distribution européens invite à faire quelques comparaisons. A prendre avec précautions.

DVSM, mai 2018 – Les impératifs liés aux annonces conduisent à apporter des informations qui ne sont en rien des découvertes. Elles constituent cependant des points de repères significatifs, judicieusement remis en exergue. Cela d’autant plus que les événements des saisons récentes avaient un peu brouillé le panorama. Chacun a encore en mémoire l’offensive du groupe Media-Saturn envers l’Hexagone. Amorcée dans la banlieue de Strasbourg avec l’ouverture du premier HyperMédia il y a près d’un quart de siècle, l’entreprise d’outre-Rhin a, au prix d’une épopée de deux décennies, tenté de conquérir un marché aux dimensions respectables.

Mais elle s’est finalement résolue à jeter l’éponge, non sans avoir tenté une ultime bataille, au cours de laquelle les responsables avaient à diverses reprises évoqué l’ambition de créer plusieurs centaines d’implantations sur notre sol. Repris par Boulanger, qui a depuis réduit la voilure de cet héritage pas forcément désiré, les ex-HyperMedia, ex-Planète Saturn et enfin ex-Saturn ont laissé tomber le rideau sur cette entreprise qui a depuis connu quelques turbulences, mais poursuivi son développement.

Intégrée à la holding récemment créée Ceconomy, dans laquelle Metro conserve des parts, non sans avoir pris quelque distance avec ce secteur dédiés aux biens durables, elle compte aujourd’hui plus de 1.000 magasins sur le Vieux Continent, à travers Saturn, MediaMarkt et leurs sites de vente en ligne*. Fort d’un CA de 22 milliards d’Euros, employant 65.000 collaborateurs, elle fait presque figure de géant à côté du groupe FNAC Darty, dont les recettes du dernier exercice connu s’élevaient à 7,4 milliards, collectés grâce à 728 magasins (+ sites), dont 502 en France, et 26.000 employés.

La complémentarité entre les deux enseignes de l’un et les deux de l’autre présentent quelques similitudes, MediaMark pouvant être un peu comparé à Darty, Saturn à une FNAC qui serait en outre totalement impliquée dans l’électroménager tous segments confondus (la récente venue sur ce secteur de l’agitateur ne portant que sur le petit électroménager).

La comparaison s’arrête là. Car dans les implantations françaises, les offres restent cloisonnées aux entrées et milieux de gammes. La stratégie du groupe allemand s’appuie sur une proposition très large, sur-spécialisée, qui n’hésite pas, à côté des produits les plus populaires, à miser d’une manière puissante sur les hauts et très hauts de gammes, produits qui offrent de très bons taux de profitabilité.

Restent les questions qui brûlent un peu les lèvres et peuvent se traduire par « fusion » ou termes quasi similaires. Tout le monde comprend que dans « l’Alliance », une structure d’achats en commun est édifiée. Mais avec des marques de distribution, des outils de commercialisation et quelques initiatives sur la connaissance de ce que sont les clients, un pas de plus a été franchi. Et cet actionnaire, le premier en capital social du groupe FNAC-Darty, mais non majoritaire, serait-il en train, à défaut de prendre le pouvoir, en train de façonner le cadre d’une union future plus intime…?

Source DVSM

* Ceconomy compte aussi le site de shopping en ligne iBood, et le service de streaming musical Juke.

A voir

Centre-ville, qui peut redynamiser le commerce des avenues…?

La réponse est simple, c'est le commerce lui-même qui peut réagir, à condition de ne pas trop attendre.