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Foire pour ceux qui font, Maker Faire Paris enregistre un beau succès…

Concrétisation d’un phénomène tout droit arrivé de Californie, les versions françaises des événements Maker Faire sont en vedette. La version 2018 vient de vibrer pendant 3 jours à Paris, Cité des Sciences. Echos…

DVSM, novembre 2018 – Fair, en anglais, c’est la foire. Faire en Français, tout le monde sait ce que c’est. En anglais, cela se traduit par « make« , les individus qui « font » (quelque chose…) étant donc des « makers« . Il y a un petit jeu de vocabulaire (aux US, pas seulement chez nous) dans cet intitulé qui, de ce fait, a le mérite de s’inscrire à la fois dans le courant mode visant à user de mots issus des conversations à la mode de l’Oncle Tom et de rester intelligible pour tout individu né avec entre les dents la langue de Molière. Durant trois jours, au cœur de la Cité des Sciences (Paris, La Villette), sont ainsi venus s’exposer des créateurs, innovateurs et « makers » de toutes sortes.

A l’origine de tout cela, Dale Dougherty, co-fondateur avec Tim O’Reilly de la société d’édition O’Reilly Media, dès le début des années 80. Tim O’Reilly, né près de Cork (Irlande) en 1954 est reconnu par toute la Silicon Valley (où il exerce ses activités) comme ayant joué un rôle important dans quelques étapes cruciales du développement du Net à ses origines. En 1993, il a par exemple créé ce qui est considéré comme le premier portail du Web, enchaînant avec le lancement pionnier d’un navigateur, le GNN (Global Network Navigator) vendu ensuite à AOL. Il est aussi à l’origine de notions telles que celle de « Web 2.0 » et quelques autres faits et gestes précurseurs de l’actuelle ère numérique et webisée.

Pour sa part, son associé, Dale Dougherty, a propulsé un magazine, « Make: » dans l’effervescence des années 80, de la micro, et aussi d’une tendance du « make it yourself » (faites le vous-même) battant son plein depuis cette époque. C’est en 2006, par l’initiative de Dale Dougherty (photo) et des éditions MakeMedia Inc. (une entité qui a récemment pris son indépendance) qu’a été lancée la première MarkerFaire. Depuis, le concept n’a cessé de s’étendre, et les événements de ce nom de se multiplier. A l’heure actuelle, on en dénombre environ 200 dans le monde, dans 44 pays, attirant en tout près d’un million et demi de visiteurs, toujours sous la houlette du bimestriel « Make:« . Les sessions les plus marquantes sont celles du centre d’exposition de San Mateo (Bay Area), proche de San Francisco et de New York (250.000 visiteurs pour ces deux Maker Faire réunies). D’autres implantations retiennent régulièrement l’attention, comme celle de… la Maison Blanche. Les nombreuses sessions non pilotées par Marker Media sont organisées sous licence de cet éditeur.

 

Chacun de ces événements est un moment où des personnes de tous âges, de toutes conditions et de toutes formations sont conviées (inscriptions gratuites) pour montrer ce qu’elles font et partager ce qu’elles savent. Paris n’a pas démenti cette vocation. Face à une foule dense et passionnées, il y a eu de l’inventif, de l’astucieux, du grandiose, de l’audacieux, du modeste, du sage, du délirant, du déjà vu, du farfelu, « un soupçon de l’esprit Concours Lépine sur certaines présentations« , commentait même un visiteur avec un sourire plus complice que critique.

Car, côté science, on est inéluctablement loin de ce que notre planète bleue sait développer, mais qui se trouve bien au-delà des possibilités de l’individu isolé ou associé, les grands groupes industriels ayant accaparé une bonne part de toutes les créativités les plus avancées. Sauf que le capital le plus imposant ne peut rien en matière d’idées. Et chacun sait que parmi les plus grandes innovations scientifiques, le hasard s’est très souvent invité, agissant là où on ne l’attendait pas.

Outre les créations à caractère plutôt technico artistiques, de la robotique, de l’impression 3D, de l’électronique, du numérique, de la mécanique, et mille et une choses, voire davantage encore, ont aussi ravi les regards. D’ailleurs, il est possible d’avoir une évocation de ce spectacle suggestif (qui aura sans doute généré bien des idées) en regardant des images à découvrir ici. Que ceux qui ont raté ce rendez-vous se rassurent. Il y en aura d’autres, comme celui de Lille, du 1er au 3 mars 2019 au Tripostal* (sur les terres de l’enseigne Leroy-Merlin, active via ses Ateliers TechShop –et d’autres partenaires- dans le bâti des MakerFaire en France) .

Christophe Raillon, directeur de Maker Faire Paris (et TechShop Leroy-Merlin) explique le concept de l’événement et les raisons de son succès.

 

* Le Tripostal est un lieu plus spécialement dédié aux expositions d’art contemporain à Lille. C’est depuis « Lille 2004 Capitale Européenne de la Culture » que le Tripostal est devenu un espace d’accueil et de programmation.

 

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