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Glissements de terrain, les excès finissent toujours par se payer sévèrement.

La distribution est un peu comme la Californie, installée sur une faille dont on redoute qu’un séisme majeur vienne détruire certains édifices mal consolidés.

DVSM, 11 octobre 2021. Perspectives de fermetures, projets de fusions, on a connu des époques plus joyeuses dans le monde des enseignes. Certes, le coronavirus a désarticulé à haute dose et sans ménagement des pans entiers dont l’activité a été mise en jachère sanitaire. Ce mauvais passage, qui n’est peut-être pas terminé, a pesé lourd dans les balances, à commencer dans celle qui établit le rapport entre actif et passif de chaque entreprise. Toutefois, le chapeau est un peu trop grand pour la tête de ce micro-organisme diaboliquement pathogène, si petit qu’il échappe au regard du plus affûté des yeux de lynx. La tendance, fort peu porteuse, est structurellement plus sévère. La preuve nous en est administrée par les chiffres qui font état de replis, légers, moyens et parfois sévères par rapport à ceux de 2019, dernier exercice hors épidémie disponible. Une évolution qui n’est pas très encourageante, et se propage dans un monde occidental dont la masse consommante prend de l’âge et émousse ses envies. A cela, s’ajoutent des saturations dans les taux d’équipements. Hélas, d’autres paramètres s’ajoutent à une tendance qui, sur les deux rives de l’Atlantique, a déjà conduit des quantités impressionnantes de rideaux de fer à se baisser définitivement.

En France, sont en cause les degrés de suréquipement commercial que l’on voyait poindre lorsque les frénésies d’ouvertures étaient à leur zénith. On ouvrait, on inaugurait, on créait de supposés nouveaux concepts (surtout pour la com), lesquels allaient être toujours plus près de la clientèle, lui apporter toujours plus d’achat plaisir, pour des budgets encore plus réduits, et. En fait, ces nouvelles implantations ayant pour objectif de quadriller le territoire le plus efficacement, en suivant une croissance que certains ont crue éternelle.

Souvent évoqués par les médias, les hypermarchés sont moins en pointe sur ce sujet. Depuis l’inauguration en l’an 2000 du magasin Auchan dans le centre commercial Val d’Europe (proche de Disneyland Paris), qui ponctuait l’une des ultimes opérations de ce genre, des agrandissements ont été réalisés, mais assez peu d’ouvertures réelles dans cette famille. En revanche, il n’échappait à aucun regard connaissant le terrain que des centres commerciaux et des grandes surfaces spécialisées continuaient à proliférer là où leur présence avait du mal à convaincre. Côté consommation quotidienne, le tissu de supermarchés en moyens et petits formats a poursuivi son développement, que les magasins du « hard discount », (Lidl, Aldi, Netto…), en vigoureuse multiplication, n’ont fait qu’alourdir. Un terrain rendant moins indispensable le recours aux grands hypers en temps normaux, les GSA comme les surspécialistes subissant de surcroît l’impact du commerce en ligne et les évaporations vers les drives. Nous en sommes là, et les réalités comptables les plus élémentaires vont imposer une correction dans le sens d’un réajustement aux conditions nouvelles. Plus l’attente sera différée, plus le traitement risque d’être douloureux.

Quant à cet hypermarché que certains décrivent comme moribond presque depuis sa naissance, il ne pourra continuer à titiller les motivations des consommateurs seulement par des offres se voulant ultra-compétitives ou des opés classiques telles les foires aux vins ou les sempiternels Halloween ou Black Friday*. Le défi de la grande surface se situe dans sa capacité à amplifier son trafic, ce qui ne peut être obtenue que par une offre plus large, notamment en habillement et bricolage-décoration, deux vecteurs forts, ce qui peut se réaliser sans (trop) déshabiller des enseignes spécialisées parfois cousines. N’est-ce pas l’époque où chacun se dite que « mourir peut attendre« …?

* Même si ces opérations sont bien plus judicieusement placées dans la saison, lorsque les consommateurs achètent en force, que ne le sont des soldes survenant quand plus personne n’a besoin de rien (volontairement caricaturé un peu à l’excès).

Source DVSM

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