Accueil / Actualité / Isabelle Mashola, directrice de la plateforme Isahit : ‘’Nous espérons donner du travail à 10 000 personnes dans trois ans.’’

Isabelle Mashola, directrice de la plateforme Isahit : ‘’Nous espérons donner du travail à 10 000 personnes dans trois ans.’’

Après une carrière brillante, elle a notamment dirigé les systèmes d’information de Publicis en Europe.

Isabelle Mashola s’est associée à Philippe Coup-Jambet pour créer Isahit une plateforme numérique dédiée à la mise en relation d’entreprises désireuses d’externaliser une partie de leurs taches avec des Africaines à la recherche de revenus complémentaires nécessaires à l’accomplissement de projets personnels ou professionnels.

IT Numeric. Pourquoi avez-vous créé Isahit ?

Isabelle Mashola. J’ai éprouvé la nécessité de mettre en pratique une croyance impérieuse, exploiter les technologies et les nouvelles formes de travail collaboratif au bénéfice de talents bridés dans leurs projets de vie par des conditions sociales très difficiles. Isahit est une plateforme Internet socialement responsable qui donne accès au monde du travail grâce à la numérisation de l’économie.

Quel type de travail pouvez-vous procurer à ces femmes ?

IM.Nous avons identifié une soixante de missions possibles desquelles se dégagent trois grandes typologies : la modération de commentaires ou de vidéos sur les réseaux sociaux, le taggage ou l’indexation sur les moteurs de recherche et le traitement d’informations comptables de la saisie et l’enregistrement de données jusqu’à la facturation en conformité avec un plan comptable. Aujourd’hui nous avons convaincu sept entreprises dont plusieurs startups d’externaliser ces taches en suivant les principes de l’économie équitable. Isahit assure aux femmes qui lui font confiance des revenus bien supérieurs à ce qu’elles obtiendraient en travaillant avec d’autres spécialistes de l’externalisation, soit 20 euros par jour. Cela peut sembler peu, mais je vous rappelle que deux milliards d’humains vivent avec moins de deux dollars par jour.

Comment garantissez-vous ces revenus ?

IM.Nous demandons aux entreprises des salaires équivalents à ceux du marché. Mais nous faisons profiter les Africaines des économies générées par notre structure. Nous sommes une plateforme numérique. Donc nous n’avons pas besoin de locaux dispendieux ou de frais professionnels qui grèvent le chiffre d’affaires. Sur 100 euros versés par un client, 65 vont au salarié, 30 à Isahit et 5 à Help, un programme de formation destiné à la montée en compétence des travailleurs. On commence par apprendre à saisir des informations jusqu’à la compréhension d’un plan comptable.

Combien de personnes ont-elles trouvé un emploi grâce à Isahit ?  

Nous avons recruté 80 personnes dans cinq pays d’Afrique francophone. J’insiste sur le fait qu’Isahit procure un revenu complémentaire à des personnes engagés dans des projets de fond. Par exemple, nous aidons une jeune femme d’Abidjan qui réalise des bijoux fantaisie à partir de claviers d’ordinateurs ou une étudiante de Dakar qui désire devenir expert-comptable mais ne pouvait plus assumer ses études, et bien d’autres encore qui vivent dans des conditions particulièrement compliquées. Les talents existent partout. Il faut les aider à se révéler et à prospérer. Notre plan de marché prévoit qu’Isahit donnera du travail à dix mille personnes dans trois ans et sera connu dans d’autres territoires, sur d’autres continents où les besoins sont également considérables.

Quelles sont vos procédures de recrutement ?

IM.Nous employons les réseaux sociaux pour nous faire connaitre. Les candidates sont sélectionnées en ligne. Elles doivent répondre à un questionnaire, fournir quelques documents officiels comme une carte d’identité et expliquer leur projet dans une vidéo d’une minute. Elles passent ensuite une série de tests pour appréhender les missions qu’elles sont capables d’effectuer.

Pourquoi ne proposez-vous pas de travail à des nationaux ?

IM.Les entreprises que nous sollicitons externalisent déjà ces missions. Nous voulons les sensibiliser aux aspects sociaux et équitables de cette sous-traitance. D’ailleurs Isahit a demandé au cabinet de mesure sur l’impact social Kimso de suivre ses activités. Tous les six mois, nous pouvons ainsi faire le point de manière objective sur la pertinence de notre travail.

Vous annoncez une levée de fonds de 400 000 euros pour financer votre développement. Au vu de vos ambitions, ce montant peut sembler assez faible.

IM.Déjà il ne faut pas s’attendre à recevoir des millions lors d’une première opération de ce genre. Ensuite ce montant sert de levier pour obtenir d’autres financements, du même ordre auprès de BpiFrance et d’autres établissements bancaires. Isahit a un an. Notre business plan prévoit de lever au total deux millions d’euros pour atteindre le seuil de rentabilité en année trois.

 

IS-FHD

 

Enregistrer

Enregistrer

A voir

nova--1

NovaGray remporte le pompon

La startup NovaGray a remporté le prix « Best Tech Startup de l'Année »