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iTunes, la fin probable de ce qui est bien plus qu’une application…

Avec iTunes et l’ iPod, la firme pilotée par Steve Jobs tournait il y a près de 20 ans la page d’une électronique pour tous déjà presque démodée. Mais qui le savait…?

 DVSM, 3 juin 2019. Si l’on en croit les prévisions de presque tous les observateurs et spécialistes, Apple devrait aujourd’hui tirer un trait sur son application légendaire. A l’heure présente, cette probable initiative en guise de point final (mais pas sans suite) s’inscrit dans un univers où les contenus, musique, vidéo, films, livres etc., sont eux-mêmes accaparés par une multitude d’acteurs et de méthodes pour atteindre les consommateurs. Sur le plan strictement musical, c’est aussi le téléchargement qui laisse doucement la place au streaming (terme que, selon nos constatations encore très récentes, de nombreux consommateurs ne comprennent toujours pas le sens) ou flux continu*. Mais c’est ce « plan strictement musical » qui est lui même en perte de signification. Impossible d’en imaginer le transport sans également prendre en compte les autres softs déjà évoqués.

En 2001, lorsque fut lancée cette appli, Apple « fabricant d’ordinateurs » venait de rebondir avec son iMac. Joli succès pour Steve Jobs, co-fondateur quelques temps écarté et revenu pour sortir de l’ornière la firme qu’il avait édifiée. Ah mais…! C’est pourtant sur l’autre rive de l’océan Pacifique que l’onde de choc a dû être la plus cinglante. Là où était né le Walkman, baladeur de légende alimenté par des musiques sur supports (cassettes, puis CD), c’était tout simplement le début d’une dématérialisation inéluctable qui, à terme, risquait de rompre les équilibres d’un modèle économique à part entière. Et plus simplement encore, avec le MP3 en arme commode, arrivaient avec les ondes d’iTunes les premiers signes annonciateurs de la vague du numérique. Ponctuant pratiquement un quart de siècle de génération « Walkman », c’est la génération iPod qui prend une sacrée ride.

Notons toutefois que l’application d’Apple était aussi décrite comme une parade à un courant de copie sauvage que de nombreux utilisateurs d’ordinateurs, jeunes le plus souvent, avaient généré. Les logiciels de peer-to-peer avaient fleuri en nombre, et la firme de Cupertino se plaçait en sauveur de l’industrie musicale pillée, instituant le téléchargement « légal ».

La conférence des développeurs tenue ce soir (lundi 3 juin 2019, à San José, en Californie) va servir de cadre à ce qui sera donc, en principe, un moment fort, mais aussi le début d’une interrogation. Entre tous les concurrents susceptibles de proposer des contenus culturels, la bataille devient gigantesque. Quel sera le futur de cet immense marché…? Ah…! Qu’elle était belle, cette époque bénie où des « maisons de disques » pouvaient organiser la promotion des titres avec des radios, et discuter le coup (et le coût) avec des grossistes livrant les points de vente…! Le modèle à disparu. Enfin, pour les softs culturels, car pour les pommes, c’est toujours le circuit vers les étalages. Dématérialiser de la golden, ce n’est pas pour demain…!

* Toutefois, avec un équipement simple, il est assez commode d’enregistrer de la musique diffusée en streaming, notamment en acceptant le passage en analogique (quitte à renumériser ensuite). Attention, ne pas brandir trop vite le terme de piraterie. La copie privée reste un droit.
Source DVSM

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