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La France et les Gaffa, alors, toujours férocement jaloux du succès…?

La volonté affichée de vouloir taxer les entreprises du numérique s’inscrit dans une vieille tradition bien de chez nous. 

DVSM, décembre 2018. C’est clair, elles vont passer à la caisse. Cela va-t-il rapporter beaucoup…? Pas sûr, mais cela soulage certains. Les entreprises à succès de l’ère numérique sont pratiquement dans la dernière ligne droite face au guichet de Bercy. Ce qui relève d’une constante dans l’ADN des dirigeants depuis que les conquêtes militaires décidées par des monarques ou des empereurs ne font plus partie des comportements acceptables.

Dans les années 1960, un audacieux industriel de chez nous dans l’automobile a osé créer des véhicules de grand luxe, ce qui était une de nos spécialités à succès avant le conflit de 39-45. Faute de l’accord de l’Etat, ce constructeur devra renoncer à importer des moteurs américains, qui auraient pu compenser l’absence de mécaniques performantes disponibles sur notre sol. Ainsi, alors que les Facel-Vega de très haut de gamme (parce que peu nombreuses) sont passées à travers les mailles du filet, les versions plus intermédiaires vont devoir se contenter d’un moulin totalement non fiable fourni par un groupe de chez nous, ce qui va les conduire à la catastrophe*. C’est ainsi que les Forges et Ateliers de Construction d’Eure-et-Loire (FACEL) disparaîtrons, laissant nos voisins allemands se régaler sur le profitable haut-de-gamme.

Au-début des années 1980, c’est le Japon qui agace. Ce pays conquérant commercialement répand ses produits dans tous les espaces commerciaux de la planète. Et avec les magnétoscopes, l’Hexagone d’en haut n’y tient plus. On affuble l’enregistreur d’images d’une redevance plus élevée que celle du téléviseur, on l’envoie brouter la boue à Poitiers sur les terrains collants du centre de dédouanement local, situé, comme chacun le sait, sur la ligne droite entre Tokyo et Parly-2**. A cette époque, une vague traverse les hautes sphères dirigeantes qui se stimulent les neurones en imaginant d’hypothétiques fabrications françaises. La balance du commerce extérieur penche dans le mauvais sens. C’est à coup sûr la faute de ces Japonais qui réussissent dans la hi-fi et la vidéo, à la France d’en faire autant..! La société Thomson, fraîchement nationalisée, va jusqu’à importer des lignes de fabrications d’occasion du groupe Hitachi pour créer une hi-fi française prenant sa source à Moulins. Source vite tarie, mais quelle importance…? N’a-t-on pas racheté, pour la même Thomson, avec le même argent de nos semblables contributeurs, GE-RCA, la grande firme américaine qui, elle aussi, est en réalité en train de buter sur la concurrence nippone.

Nous voici face aux GAFA. C’est nouveau, c’est numérique, et tout le monde (comprenez toute la planète) se connecte avec ces pionnières de l’ère numérique. Il y a au moins 20 pays européens qui ne perçoivent pas plus de rentrées fiscales que la France de la part de ces nouvelles gloires de la technologie. Un seul est endetté plus que les autres, et projette (et va le faire) de leur « pomper un peu de pognon », au risque de les voir tourner les talons vers des cieux plus favorables. Devinez lequel…! Notons au passage que décrire ces entreprises comme échappant à nos onctueux prélèvements obligatoires est pour le moins abusif. Ces firmes payent les charges sociales pour les salariés qu’elles emploient, la TVA sur ce qu’elles vendent sur notre sol, les taxes locales pour les implantations (magasins ou centres de services) qu’elles exploitent, etc. Entre rien et tout cela, il y a déjà une distance…!

Toutefois, cette attitude ne relève pas uniquement des obsessions de nos dirigeants, quelle que soit leur origine partisane. Ne retrouve-t-on pas derrière ce « modèle » la duplication de l’envie frénétique des certains de faire « payer les riches »…? Une vision simpliste, d’autant plus que celle-ci repose très souvent sur le sentiment que le voisin de pallier, vu l’auto qu’il gare sur le parking est, à défaut d’être réellement riche, déjà un peu plus à l’aise, et à ce titre, mérite d’être un peu plus taxé. Certes, il convient aussi de ne pas caricaturer dans le sens inverse. Il y a sans doute des excès, sur bien des niveaux. Ces très nombreux hauts-fonctionnaires fort bien rémunérés et qui ne « font pas grand chose », comme l’explique le Ministre du Budget, sont de ceux qui bénéficient de ces prélèvements stratosphériques et de ces excès.

La mondialisation a, comment le nier, provoqué une inflation dans les très hauts revenus de certains super-dirigeants, et il y a des dérapages qui ne peuvent que mettre de l’huile sur le feu, en particulier chez ceux, nombreux, qui ont du mal à vivre correctement. Il n’en est pas moins vrai qu’à travers cette volonté de taxer les GAFA, transpire l’envie de prélever davantage, et d’oublier d’évoquer le début du commencement d’une volonté de faire des économies.

* La quasi-totalité des Facellia de première génération ont vu leurs moteurs « casser », le problème n’ayant, trop tardivement, été réglé que lorsque Facel fut enfin autorisé à utiliser des moteurs suédois fournis par Volvo.

** Et dans le reste de la distribution. Parly-2, centre commercial proche de Versailles.

Source DVSM

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