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La génération Y ouvre un nouvel acte dans le secteur de l’industrie

Au moment où une proportion non négligeable d’actifs de l’industrie part ou s’apprête à partir à la retraite, la génération Y  dont les «aînés» fêteront leurs 38 printemps cette année commence à investir, à un rythme soutenu, les postes d’encadrement. À quoi ce secteur en général et celui de la fabrication en particulier, doivent-ils s’attendre avec cette génération aux commandes ?

1. Ultra-connexion et collaboration en temps réel
Dans l’utilisation des technologies, la génération Y se distingue nettement de celles qui l’ont précédée. Selon le Baromètre du Numérique, plus de 99% des millennials [1] possèdent un appareil mobile et affirment, quasi-unanimement, recourir à Internet. Première génération à avoir véritablement grandi avec les applications et les réseaux sociaux, mais aussi à avoir eu instantanément accès à une myriade d’informations d’un simple clic, elle apprécie le fait d’être connectée en permanence. Elle exige donc dans son travail des outils numériques modernes.Autant dire que les classeurs à levier, les talkies-walkies et autres usines à gaz constituées par les parcs de logiciels en place dans l’industrie n’ont guère d’avenir avec eux aux commandes.

2. Productivité et efficacité optimisées
Aux postes d’encadrement, la génération Y va découvrir l’essence-même d’un travail posté dans lequel les salariés, dans leur grande majorité, ne ramènent pas de tâche à la maison et où l’efficacité du roulement entre équipes est primordiale. Les cadres de la génération Y auront donc à cœur de tirer parti des technologies pour optimiser au mieux le temps de pointage. À plus long terme, à mesure que les progrès réalisés dans l’automatisation et l’IA redéfiniront le rôle des opérateurs industriels, mais aussi que les stages de valorisation des compétences se généraliseront, les ouvriers spécialisés deviendront des praticiens du savoir. Peu à peu, ils se détacheront de l’atelier, supervisant et gérant à distance des machines et équipements connectés,gage d’un travail plus flexible et moins circonscrit dans le temps.

3. Appareils mobiles en première ligne
Du fait de la baisse de coût incessante des smartphones, tablettes et autres appareils connectés pour l’entreprise, le ticket d’accès aux deskless, ces opérationnels sans bureau, deviendra plus abordable. Les technologies orientées mobiles seront toujours plus plébiscitées et finiront par s’imposer, remplaçant les postes informatiques fixes. Dans les ateliers de production, l’emploi de ces technologies va faciliter la collaboration, mais aussi permettre d’améliorer la sécurité des collaborateurs comme des clients. Cet aspect s’avère particulièrement important pour une main-d’œuvre excentrée ou éparpillée parfois privée d’un accès aisé à une assistance ou à un savoir-faire. Si un équipement signale une situation dangereuse, le collaborateur sera capable, demain, d’organiser en un clin d’œil une visioconférence avec les membres de son équipe ou avec des experts hors site, pour résoudre efficacement cette difficulté.

4. Développement durable et objet social :facteurs de motivation professionnelle
D’après une enquête réalisée par Michael Page, 77 % des millennials[2] affirment que le bilan d’une entreprise en matière de développement durable serait de nature à influer sur leur décision d’y faire carrière ou non. Nombre d’entre eux entendent travailler pour une société dont ils adhèrent à la mission et à la finalité, mais aussi qui fait preuve de transparence sur son impact écologique.À mesure que la génération Y avance ses pions pour se positionner aux postes d’encadrement dans l’industrie, les gains de production dégagés par la technologie,de même que la capacité à justifier des bénéfices induits ou du gaspillage évité,contribueront à accentuer cette transparence. Les millennials y verront là une raison de rester fidèles à une entreprise, en plus d’être un facteur de motivation pour les candidats qu’ils seront amenés à recruter.

5. Choix à profusion, aussi bien en termes de produits que de carrières
Un autre puissant mécanisme se fait jour : le marché des produits de masse ne correspond plus aux attentes des consommateurs. Ces derniers sont en quête de solutions ultra-personnalisées, dont les caractéristiques (styles, coloris, tailles ou arômes) évoluent rapidement. Le choix est aujourd’hui la règle et les industriels doivent faire preuve d’une agilité accrue sur les modalités de fabrication d’un produit, afin d’être capables d’en modifier le calendrier, le site et la durée de production. Ce phénomène, baptisé « taille de lot 1 » dans l’industrie, est déjà une réalité, en passe d’être érigée en norme.Le même constat vaut pour les choix de carrière. Un actif n’entend plus rester dans une entreprise pendant 10 ou 20 ans. Aux industriels,donc, de repenser leurs techniques de recrutement, de fidélisation et de formation en conséquence. Les outils numériques modernes constitueront une arme performante dans ces domaines à court terme et une solution incontournable à moyen terme.

Tout comme les baby-boomers ont imprimé des changements lorsqu’ils ont commencé à occuper des postes d’encadrement, la génération Y a désormais son mot à dire sur les systèmes et solutions technologiques déployés dans les usines et ateliers de fabrication aux quatre coins du monde.

Gary Louazil, DG France et Europe du Sud de Parsable.

[1] Source : Baromètre du numérique réalisé par le Crédoc pour l’Arcep avec le Conseil général de l’économie (CGE) et l’Agence du Numérique
[2]Etude Michael Page  « Les Français et l’Emploi » – 2019

 

 

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