Accueil / Actualité / La marge doit-elle être ajoutée aux sept pêchés capitaux…?

La marge doit-elle être ajoutée aux sept pêchés capitaux…?

La marge serait-elle devenue une sorte de mauvaise action, soulignant un supposé côté voyou et voleur du monde de la distribution…?

DVSM, février 2019. Rebelote…! Une fois encore, des commentaires viennent de fuser sur certains (et trop nombreux) médias dans lesquels ont été évoquées « les marges de la grande distribution« * sur un ton plutôt accusateur. Naturellement, ce rebond n’est pas venu seul. La récente augmentation imposée pour certains produits n’a pas manqué d’émouvoir les consommateurs. Alors que depuis novembre, de nombreux Français se réunissent sur de nombreux ronds-points pour faire valoir de nombreux points de revendication, dont une forte attente en termes de pouvoir d’achat, cette initiative dans un sens exactement opposé à ce besoin impérieux est bien mal tombée.

 

Mais, qui semble encore l’ignorer, la marge dans la distribution n’est autre que la rémunération de ses équipes, le financement de ses charges, la construction de son avenir. Sauf si l’on sous-entend que derrière ces marges, se dissimuleraient des revenus occultes et démesurés de dirigeants peu scrupuleux, ces taux qui se placent entre prix d’achat et prix de revente au public n’ont rien ni d’immoral ni de répréhensible. Ils sont en outre bien plus serrés que ne l’affirment des commentateurs, à l’évidence loin du cœur du sujet. C’est tellement vrai que certaines enseignes ont du mal à éviter de voir plonger leurs résultats dans le rouge, et sont même de temps à autres tenues de mener à bien des restructurations intégrant des suppressions de postes.

 

En outre, les enseignes ont au fil des ans et à de nombreuses reprises réduit ces marges pour rester dans les prix du marché (et ne pas subir des replis d’activité). Certes, ces renoncements sont aussi dictés par des préoccupations concurrentielles. Les activités de distribution sont placées sous le signe de la compétition, ce qui n’est pas un vain mot. Mais en réduisant des marges, parfois jusqu’au fil du rasoir, pour compenser des augmentations dont certaines furent même causées par des augmentations de taxes ou de prélèvements, ou encore par des réglementations nouvelles, c’est le pouvoir d’achat des chalands qui à chaque fois en bénéficie.

 

Il est clair que certains contextes créent des situations délicates pour des univers ayant du mal à maintenir leur profitabilité, voire à survivre. C’est ce qui semble fortement pénaliser le monde agricole, dont certains spécialistes estiment qu’il lui faudra probablement évoluer vers des structures lui donnant à la fois plus de compétitivité, et de meilleures armes en termes de rapport de force face à leurs interlocuteurs du commerce. Opposer les impératifs de profitabilité des uns à ceux des autres est une approche se situant dans une logique d’échec. YD

 

* Parler de grande distribution à tout va comme cela s’entend parfois à l’excès démontre une assez grande méconnaissance des réalité du monde du commerce. Si les grands groupes sont effectivement des entreprises majeures, de nombreux entrepreneurs indépendants font aussi partie de ce commerce, franchisés ou adhérents de centrales avec enseignes. Dans le commerce de centre-ville, souvent opposé à l’amalgame facile entre commerce de périphérie et grandes surfaces, la situation n’est pas différente. Quant au commerce réellement indépendant et à taille plus réduite, il n’est pas certain que ses taux de marges soient aussi réduits que certains semblent l’imaginer. Ce qui d’ailleurs, lui permet de ne pas disparaître.

Source DVSM

A voir

Diesel: coupable, ce séisme destructeur de l’industrie européenne… ?

L'industrie automobile du Vieux Continent frôle de vertigineux précipices.....