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La Silicon Valley veut imposer les technologies

Plusieurs collectivités de la célèbre Valley (dont Mountain View, East Palo Alto, Cupertino et San Francisco) s’insurgent contre les entreprises des high tech accusées de provoquer d’inégalités et de modifications démographiques jugées insupportables. Ces villes veulent s’inspirer de Seattle qui taxe Amazon de 50 millions de dollars pour aider à loger les SDF de la commune. Leur volonté est d’autant plus manifeste que ces villes doivent compenser les coupes fiscales dont profitent les entreprises depuis la réduction des impôts sur les sociétés, instaurée par l’administration Trump.

Google Alphabet a ainsi engrangé sans rien faire un milliard de dollars de profits au premier trimestre grâce aux coupes fiscales. « Google dispose de milliards de dollars en cash s’insurge Lenny Siegel, le maire de Mountain View où le groupe réside. Ils ont gagné des milliards depuis la réduction des taux d’imposition. Ils peuvent et doivent dépenser davantage localement. »

Les entreprises peuvent s’indigner de ces déclarations. Les villes de la Valley (et d’ailleurs aussi) ont rivalisé pour les attirer sur leurs territoires, à grands coups de réductions et d’incitations fiscales et économiques. Il arrive que les high tech se fendent de gestes à caractère social. Amazon distribue des bananes gratuitement à Seattle. Google gère un service de navettes électriques à Mountain View. Microsoft en fait autant à San Francisco. Mais derrière ces gestes de bonne volonté, les GAFA et autres n’ont aucun problème pour rappeler aux communes qu’elles peuvent s’implanter ailleurs en cas d’augmentation des taxes locales.

Les autorités locales peuvent tout de même rappeler aux entreprises que les impôts servent à améliorer et entretenir les infrastructures dont elles et leurs employés profitent largement. Par exemple, la ville de Cupertino demande à Apple de s’impliquer dans les transports publics. « Mes concitoyens en ont assez et exigent des solutions, affirment Rod Sinks, le maire de Cupertino. Il va falloir trouver des fonds pour ces solutions. »

Le conseil municipal de Palo Alto a décidé de taxer plus lourdement les transactions immobilières et les nuitées hôtelières quelles qu’en soit les conséquences sur les affaires. East Palo Alto, la ville plus pauvre de la région a également décidé d’augmenter les impôts, au moins pour compenser les conséquences négatives de sa proximité avec le siège social de Facebook.

A San Francisco, une coalition d’associations citoyennes pousse la municipalité à augmenter les impôts des entreprises technologiques pour aider les populations défavorisées, en particulier les homeless. Il s’agirait d’instaurer une taxe de 0,5% pour toute entreprise au CA supérieur à 50 millions de dollars. Que se passe-t-il pour que ces communes qui tout de même profitent largement de la présence des GAFA et compagnie s’insurgent aussi brutalement ? La réponse tient en un mot : démocratie. En novembre prochain, les électeurs américains sont conviés à renouveler les conseils municipaux. Et même au paradis du capitalisme, il faut bien démontrer aux citoyens qu’on pense à eux.

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