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L’arbre du géant coréen Samsung est-il vraiment monté jusqu’au ciel…?

Les spécialistes du secteur de l’électronique comme les gazettes en avaient presque fait un nouveau Sony. Certes, Samsung s’est hissé et reste pour l’heure dans son rôle de super acteur du secteur. Mais influenceur, c’est moins sûr…?

 DVSM, 9 décembre 2019. Déception…? Ce mot est-il justifié, à propos du parcours du groupe coréen, au moins jusqu’à ce jour…?  Une réflexion que DVSM s’autorise car avec le temps qui passe, les évolutions historiques de l’électronique pour tous ont tendance à s’estomper. Et notamment le rôle de la très célèbre « startup » japonaise qui avait lancé ses activités au lendemain de la seconde guerre mondiale, avec pour uniques armes sa… vingtaine d’employés et les connaissances en physique de l’un de ses deux co-fondateurs, Akio Morita*. Impossible de le nier, Sony a façonné l’électronique de loisirs moderne.

Si Samsung semble plus jeune que Sony, c’est surtout parce que sa facette électronique grand public n’est apparue au très grand jour des marchés que durant les années 80. Créé en 1938, ce conglomérat, après des années de cantonnement dans l’EGP façon « pareil mais moins cher » a, il y a environ deux décennies, mis le turbo sur quelques segments qui lui ont particulièrement bien réussi. Et cela au moment où, après sa longue période d’innovation, Sony, au contraire, marquait le pas. Son plus gros écueil fut celui de l’écran plat, piste sur laquelle Samsung a choisi de foncer tête baissée, animant en leader particulièrement offensif cette transition historique pour le petit écran. Offensive suivie d’une attaque charpentée et tout aussi réussie dans le monde des téléphones mobiles. Et après…?

Après, sans ambiguïté, l’entreprise coréenne n’a pas déçu, sur de nombreux axes de ses activités. Mais cela surtout avec deux ingrédients, une force du poignet pour s’imposer sur quelques créneaux majeurs et une sorte d’idée fixe consistant à suivre comme son ombre des initiatives venues d’un innovateur installé à Cupertino (California). Pas toujours avec un succès immédiat, ou pire comme ce fut le cas avec la première vraie tablette annoncée dans un spectacle grandiose au MWC de Barcelone, et quelques démêlés juridiques avec Apple ayant suivi cette première d’il y aura bientôt une décennie.

De fait et en vrac, des faux pas et initiatives sans grandes suites (ou sans suite du tout) ont émaillé le parcours de la firme. Des Galaxy (smartphones) mal aboutis et abandonnés, une envolée façon meneur trop vigoureuse sur la TV en 3D qui n’a finalement pas séduit, des écrans incurvés peu convaincants, des smartphones à écrans pliants avec faux départ, le concept des phablets, la très fausse bonne idée flingant prématurément le couple smartphone + tablette, sans oublier l’offensive finalement avortée dans la photo numérique… Deux cordes manquant aussi d’une manière récurrente à l’arc de la coréenne, le jeu vidéo et le volet du soft.

En arrière-plan, le géant asiatique n’est toutefois jamais tombé dans l’ombre. Pour une raison simple: son électronique n’est une fraction de cette méga-entreprise aux divisions et filiales multiples, également présente dans le secteur du BTP, ainsi que dans la chimie, le nucléaire, les chantiers navals, les parcs de loisirs, l’armement, les assurances et la grande distribution. Bien avant ses succès dans les écrans LCD, Samsung était déjà (et reste) un acteur à l’influence planétaire sur des composants électroniques clés (certains se souviennent des effets de yo-yo sur le cours des mémoires RAM que le groupe savait, en jouant sur des productions tantôt abondantes, tantôt quasi pénuriques, imposer à tous). Parmi ses clients les plus fidèles, des noms célèbres ne se sont jamais effacés, dont… Apple, même quand les conflits juridiques tournaient au vinaigre avec Cupertino. Mais quand même, créer un vrai « truc nouveau » et pesant de toute son influence, voilà qui serait un bonne chose pour Samsung, non…? Citer une de ces innovations qui « vous changent le monde » née chez ce géant coréen n’est pas commode, alors que de telles nouveautés ont jalonné l’histoire de l’entreprise nippone. Samsung, grande et puissante firme hi-tech, oui, mais nouveau Sony, finalement, non… Au terme de cette longue période, les forces en présence ont changé, et un énorme concurrent s’est installé dans le paysage. La puissance techno-industrielle de Samsung saura-t-elle contenir sur le long terme la puissance des conglomérats chinois, auxquels on ne prêtait même pas une attention significative quand naissait l’an 2000…?

Contrairement aux idées mal reçues, Sony n’aura pas été une entreprise technologique, du moins pas « seulement ». Dès ses premières années d’activité**, elle a surtout brillé par sa virtuosité dans la création d’usages inédits. La technique de pointe n’avait pas de raison d’être autre qu’à travers ce qu’elle permettait en termes d’utilisation. Ainsi, dans les années 50, des développeurs américains qui avaient créé et breveté des transistors mais n’avaient pas réellement su attribuer des fonctions à ces composants d’avant-garde ont vu Sony les acquérir (brevets) pour créer les premiers récepteurs radio portables (même s’il fallut alors « inventer » des vestes dotées de poches assez grandes pour contenir ces équipements nomades). Au fil des années, la firme aura littéralement créé ou magnifié conception et utilisation de la plupart des maillons de l’électronique grand public moderne avec des succès planétaires, de la télévision avec le tube cathodique Trinitron à l’audio nomade avec le Walkman, de la vidéo avec ses magnétoscopes et les caméscopes au jeu vidéo (PlayStation), sans oublier le CD (co-développé avec Philips), et bien d’autres innovations trop nombreuses pour les énumérer ici.

Source DVSM

* Et Masaru Ibuka, l’autre co-fondateur, qui était plutôt orienté chimie et gestion…

** Ses activités initiales sur la bande magnétique et les magnétophones, amorcées avec la mention « Made in Occupied Japan », conservent selon quelques spécialistes une zone floue. En effet, les développements du ruban magnétique, du magnétophone, et le perfectionnement essentiel de la pré-magnétisation (réalisé durant le conflit de 39-45) furent ceux de l’industrie allemande, dont le duo AEG et IG Farben. Tout un potentiel qui fut acquis par les troupes alliées (américaines) sous forme de prises de guerre. La firme 3M (Minnesota Mining and Manufacturing) reçut ainsi ce qui concerne les bandes magnétiques. Par quel biais, (cheminement, tractations…) les fondateurs de Sony ont pu, dans un pays encore occupé et sous administration américaine, exploiter ces techniques reste un sujet assez peu évoqué…? Détail désormais sans grande importance.

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