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Laurent Abadie et Panasonic, fin de parcours en mars…

Les responsables français ayant gravi les échelons jusqu’aux sommets des hiérarchies européennes de firmes asiatiques sont peu nombreux. L’une de ces belles ascensions se termine.

DVSM, mars 2019. Laurent Abadie est annoncé démissionnaire par un communiqué de Panasonic Corp., ses  fonctions devant prendre fin au terme de ce mois de mars. Cet ex-Sony France était arrivé chez Panasonic en 2004, dans le sillage de Michel Galiana-Mingot (ex-PDG du même SONY France) alors nommé depuis peu PDG de la filiale française de Matsushita pour une mission ponctuelle de tentative de redynamisation de celle-ci. Il faut rappeler que depuis des années, la firme japonaise au sein de l’Hexagone naviguait dans une position que certains observateurs classaient sans détour entre « médiocre et lamentable »*, car contrastant avec ses positions fortes, voire dominantes, sur de nombreux autres territoires. Lorsque la mission de Michel Galiana-Mingot prit fin, Laurent Abadie fut promu au rang de président de la filiale française, et quelques années après, il accédait aux commandes de Panasonic Europe.

Depuis cette époque, les activités du groupe ont sensiblement évolué. Engagé sur de nombreux segments de la numérisation et de la connexion de l’habitat et de la ville, jouant sans contestation possible un rôle important dans la photo numérique, après y avoir lancé le concept des APN hybrides, l’industriel d’Osaka est désormais également très lié au groupe californien Tesla d’Elon Musk, avec lequel il a développé sur la base d’une joint-venture des activités de recherche et de production sur les batteries alimentant les véhicules électriques. Par ailleurs, l’entreprise, profitant de la renaissance du vinyle, a relancé sa marque Technics dédiée à la hi-fi de hautes performances. Il y a quelques années, la société avait abandonné le nom de Matsushita (celui de son fondateur) pour adopter Panasonic en tant que raison sociale.

* Incompréhensible, et même déconcertante, cette contre-performance pour celui qui fut le premier, parmi les grands groupes nippons engagés dans l’électronique de loisirs, à s’implanter dans l’Hexagone via une filiale. Cela se passait dès le milieu des années 60. Certains de ceux qui ont connu cette époque ont en mémoire les fenêtres illuminées tard chaque soir boulevard Richard Lenoir (Paris), laissant entrevoir des équipes en bras de chemises visiblement très affairées au développement de leurs activités. Il y a pourtant eu de vraies causes identifiables à aux malheurs évoqués. De fait, durant les années 70, l’entreprise était devenue omniprésente et « meneuse » dans le bouillant secteur la hi-fi avec sa marque Technics, dont l’influence sur le marché fut durant plusieurs années comparable sur ce créneau à celles de Sony sur certaines de ses spécialités ou de Samsung dans le domaine des écrans plats. Toutefois, la dynamique s’est brisée dès 1982, dans la turbulence provoquée par les mesures de restriction prises par l’Etat français à l’encontre des magnétoscopes, alors que le succès de l’enregistreur d’images avait assez brutalement très émoussé la motivation des consommateurs pour la reproduction sonore de qualité. De plus, JVC, qui était alors une filiale du groupe Matsushita (qui l’avait rachetée à Toshiba en 1954), était très affectée par les blocages sur les magnétoscopes. L’attitude prudente, et même sur la réserve, adoptée à ce moment, semble avoir brisé la dynamique de la société sur le territoire français, ne parvenant pas à remonter le handicap.

Source DVSM

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