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Le CD audio résiste, et des rayons ne le boudent surtout pas…

Toute la musique qu’ils aiment ne vient pas seulement du blues.

Alors que certaines enseignes le considèrent comme moribond, d’autres profitent de la douce et supposée agonie du support « physique ».

DVSM, octobre 2018 – Mort, mais pas si mort que ça. A l’aide d’une métaphore dont la poésie n’échappera à personne, un spécialiste explique que « C’est comme les vers de terre. Seraient-ils coupés en deux et supposés morts qu’ils bougent toujours ». En quelques jours, l’album posthume de Johnny Hallyday s’est écoulé dans des quantités monumentales. Même si les chiffres annoncés sont très probablement du « selling-in*, ils sont grandioses pour notre époque, et font penser à ces phénomènes de « day one » (ventes du premier jour) observés pour certains produits, dont les jeux vidéo, ou certains smartphones célèbres. Malgré ces petites réserves sur un emballement peut-être rapporté avec un peu trop d’emphase par les médias, le succès de l’album du rocker de chez nous révèle s’il en était besoin un attachement du public à la notion de possession d’un disque, comme cela se rencontre pour d’autres biens culturels (et en particulier le livre). Les concepts de l’écoute en ligne (streaming) ou de l’achat dématérialisé n’ont pas encore fait table rase de toute autre forme d’envie de possession.**

La motivation pour acquérir des phonogrammes (on aurait presque oublié ce terme) connaît une véritable renaissance à travers le retour significatif du vinyle. Cependant, la visibilité de l’offre joue aussi un rôle dans ce domaine. De nombreux points de vente ont ainsi laissé tomber peu ou prou ces produits, ce qui souligne leur agonie aux yeux de nombreux consommateurs.

Dans ce beau magasin de l’enseigne Cultura, non seulement l’offre en CD Audio est bien présente, mais aussi la mise en écoute en rayon, un atout que bon nombre de « stratèges » des linéaires ont cru pouvoir envoyer vers les déchetteries. Comme pour de nombreux autres produits, la phase de découverte est pourtant un ingrédient de la vente dont il est stupide et très peu professionnel de se priver.

En revanche, d’autres enseignes ne lâchent rien ou presque. L’exemple du spécialiste en bien culturels cité ci-dessus n’est pas unique. Entre autres, les espaces culturels de Leclerc font honneur à cette pratique. D’une manière plus générale, et selon ce que DVSM ne cessera de rappeler, le moment est venu pour le commerce physique de revenir à des pratiques plus construites, intégrant découverte et création de motivation, sauf pour ceux qui se résignent à courber l’échine jusqu’à ce que celle-ci se désintègre***

Source DVSM

* Volumes livrés à la distribution, les statistiques « sorties de caisses » ne se récupérant pas si vite, sauf en estimations. Dans un nombre de points de vente détenteurs de l’offre de ce disque (et de ses variantes) estimé à 6000 établissements, correspondrait à une moyenne -très théorique- de 12 disques vendus quotidiennement pour chacun d’eux. Il reste à voir ce que va être la vie de ce soft, passée l’onde de choc du lancement. 

** On ne compte pas les personnes qui ont de nombreux livres dans leurs bibliothèques, ne les lisent pas tous les jours, mais ne s’en sépareraient à aucun prix.

*** Sous la pression du e-Commerce et en réponse au vieillissement démobilisateur des générations consommantes.

A voir

Pour l’écran de demain, la grande forme,c’est plié ( peut-être )….

Que peut-on inventer pour contrer le marché des smartphones bel et bien encalminé…?