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Le feuilleton compliqué d’Office Dépôt mobilise les attentions.

Le créneau de la distribution spécialisée bureautique est-il en pleine forme ou face à des questions existentielles ?

DVSM, 5 juillet 2021. Un malaise n’arrive jamais seul. Entre pilotages perfectibles et influences venues d’ailleurs, les causes des fortunes de marchés ne sont pas toujours claires. Depuis l’avènement de la micro-informatique, les spécialistes en bureautique n’ont pas manqué de défis, la crise du coronavirus n’ayant en rien réduit un tangage entre des côtés porteurs et d’autres destructeurs. Le terme bureautique est d’ailleurs utilisé d’une manière aussi incomplète que trompeuse. On y entasse un cocktail désordonné des segments aussi différents que le mobilier de bureau et d’entreprise, les fournitures au sens large (papeterie, consommables, cartouches d’encre…), les gammes micro et assimilées, ou encore des services, impression rapide ou même impression 3D dans quelques enseignes. Dans cette distribution, fait rarissime, parallèlement à un tissu de spécialistes traditionnels et en général indépendants, la vente à distance s’était installée dans les habitudes bien avant l’avènement du commerce en ligne.

Des puissants cataloguistes régnaient en patriarches, répondant aux attentes en tous styles, de la gomme au fauteuil, et de mille et une fournitures peu accessibles ailleurs, en délais courts de surcroît. Mais doucement, la variété de ces univers a confronté l’ensemble du créneau à des concurrences inédites. Combien d’intervenants en petites ou moyennes entreprises filent à présent et depuis des années chercher des bureaux, armoires, fauteuils, décorations ou rangements chez un célèbre suédois ouvert tard le soir et dont les kits s’enlèvent immédiatement…! Et dont le design est bien plus aguicheur que les formes lourdes et vieillottes trop longtemps restées assimilées à l’offre des circuits classiques. Combien d’utilisateurs vont éventuellement chercher leurs consommables d’impression ou de simples ramettes de papiers dans les linéaires d’un hypermarché, quitte à acheter aussi quelques denrées alimentaires, en même temps, pour le soir à la maison…! Combien de cadres vont instinctivement opter pour les rayons de la FNAC ou de Boulanger dans la perspective de se doter d’un notebook ou d’une tablette quand ce ne sera pas encore plus convaincus par un service bien réel à l’Apple Store du coin…!

Dans ce tourbillon au moins aussi changeant que l’aura été toute activité commerciale, l’assise structurelle des enseignes spécialistes ne pouvait que jouer un rôle déterminant. Issue d’un prolongement avec atomes crochus du spécialiste américain Staple, Office Dépôt semble en faire la démonstration à travers un parcours qui vient de se solder par une reprise, suite à dépôt de bilan, par le groupe Alkor (Majuscule, Burolike et loburo). Reprise que vient d’évoquer la section CFTC-CSFV de l’enseigne, qui redoute une autre option, selon ce syndicat, a proscrire pour l’intérêt des équipes et la survie d’un nombre (50 environ) acceptable de magasins. Il faut rappeler que cette enseigne a connu un parcours assez compliqué sur le territoire national, preuve que l’implantation de concepts venus d’ailleurs n’est pas toujours une formule idéale.

Il n’y a que quelques mois, c’est l’univers Mulliez qui retenait l’attention avec un destin mis entre parenthèses de Top Office, la grande surface bureautique de l’association familiale nordique bien connue. Là encore, la formule a peut-être été travaillée avec une pertinence insuffisante. De fait, des disparités sont décelables entre implantations avec, selon nos constatations, des unités accueillantes et dynamiques, d’autres proches du lugubre qu’un accueil mitigé n’aide pas.

Dans ce paysage tourmenté, une enseigne semble faire bande à part. Sous la houlette attentive de la famille Peyroles, 353 magasins Bureau Vallée poursuivent un maillage du territoire, et semblent démontrer que bien appréhendé, le créneau peut s’avérer intéressant. Bruno Peyrolles lui-même, le PDG  fondateur, soulignait en substance dans nos colonnes (DVSM, le Magazine) il y a quelques années l’importance de miser sur des franchisés, « des exploitants qui sont dans leur propre entreprise et faisant tout pour la gérer les plus efficacement possible, fidélisation de la clientèle au menu, et connaissant localement fort bien les spécificités de leurs zones de chalandise« . Cet ex-Auchan, très adepte du discount, n’en a pas moins instillé une habitude d’offre large et pointue. Des ingrédients finalement assez simples, qui battent en brèche l’idée d’un créneau compliqué pour une surspécialisation.

Source DVSM

 

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