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Le numérique et ses possibilités oubliés dans le débat…

Alors qu’en une immense majorité, nos semblables sont désormais connectés et, pour de multiples raisons, sont même obligés de l’être, on cherche en vain la plus petite trace de cette connectivité au service d’un échange démocratique digne de notre époque. Oubli ou pire que ça…?

 DVSM, 25 avril 2019. Un bulletin dans une urne tous les 5 ans, et hop…! Tout est décidé…! Même si ce bulletin est en réalité sollicité un peu plus souvent, à l’occasion d’autres consultations, telles que les européennes, les municipales, les législatives etc., cette forme d’échange entre dirigeants et citoyens paraît de plus en plus étriquée et insuffisante. Elle entraîne d’ailleurs des dérives dont on peut se demander si elles sont réellement constructives. Alors que le scrutin pour élire les députés européens approche à grands pas, certains acteurs du monde de la politique annoncent sans s’émouvoir vouloir faire de cette consultation un scrutin contre le président en exercice. Ce qui est d’une pertinence comparable à celle de cet automobiliste bien décidé à faire bouillir de l’eau pour réagir à l’un de ses pneumatiques anormalement dégonflé.

Si les citoyens doivent désormais impérativement déclarer leurs revenus et régler leurs impôts en ligne, et s’ils se voient de plus en plus contraints de multiplier leurs relations avec les services administratifs, leurs banques, leurs fournisseurs d’énergie, leurs assureurs, leurs prestataires médicaux, etc., on ne voit pas bien ce qui les empêcherait de pouvoir se comporter en citoyens numériquement actifs face à aux projets nationaux ou locaux. Si le vote par Internet s’avère encore un peu complexe à mettre en place (mais inéluctable à terme), les avis de l’opinion pourraient en revanche, dans une perspective non seulement consultative, mais au moins partiellement décisionnelle*, largement contribuer à une participation réelle à la vie démocratique. Laquelle deviendrait plus approfondie, plus réactive, plus rapide, et moins coûteuse.

Deux arguments (au moins) peuvent être utilisés pour s’opposer à une telle évolution. La première tient à la sécurité. La seconde prend en compte les soucis de représentativité. Ces deux obstacles, qui reviennent à s’assurer que les avis exprimés ne le sont pas frauduleusement, et à ce que toutes les catégories soient bien réparties, devraient être assez facilement contournés. Il existe dans notre pays des sociétés très bien équipées en matériel et experts des statistiques. Il devrait donc être facile de mettre en place ce que l’on pourrait baptiser  des « sondages certifiés », portant sur des échantillons bien sûr beaucoup plus grands que ceux des sondages usuels, voire portés à l’ensemble du corps électoral dans certaines circonstances.

« Oui, mais tout le monde ne dispose pas d’Internet » répondront les esprits chagrins. Exact, mais cela devient de moins en moins vrai. Les natifs de 1950 et au-delà (qui ont donc eu 30 ans en 1980), se sont donc tous ou presque familiarisés avec les outils informatiques grand public. Les taux de possession en smartphones laissent aussi apparaître une proportion de population non rompue aux usages numériques de plus en plus réduite pour laquelle des stratégies de recueil d’avis ne devrait pas être trop compliquées à mettre au point. Quant aux inquiétudes relatives à la fraude, faut-il rappeler que l’urne classique, en bois ou en plastique transparent, n’a elle-même jamais été un instrument éliminant les tricheries. Le numérique ne corserait sans doute pas la difficulté sur ce plan. Alors, notre pays, si fier de sa French Tech sera-t-il aussi fier de son audace démocratique…?

* Il est en effet bien compliquer de concilier ce que « veut » la population et ce qui est possible. En outre, les sujets sur lesquels le commun des mortels ne peuvent prétendre à une réelle compétence ne manquent pas. Sur le seul plan économique, les meilleurs experts émettent des avis et des diagnostics souvent fort contradictoires. Trancher sur le seul ressenti d’une population serait à coup sûr partir dans du « grand n’importe quoi », l’action des acteurs politique n’écartant d’ailleurs pas davantage ce risque.

Source DVSM

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