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Le vrai coût du travail: salaires + charges ? Faux, à recalculer sans rien oublier, SVP !

Repris sur certains médias, ce trop court calcul a tout pour fausser la notion du public sur ce que coûte réellement le travail.

DVSM, 25 juin 2020. Dans les propos d’un responsable de quotidien économique majeur, cette évaluation entendue sur des ondes à forte audience est malheureusement trompeuse. Parce que des statistiques internationales viennent d’être publiées à propos du coût du travail, assortie d’un classement lui aussi quelque peu maladroitement analysé*, on en entend qui s’empêtrent dans de trop rapides conclusions. Certes, dans ce que coûte le travail d’un individu, le salaire et les charges constituent des éléments essentiels, dominants mais pas suffisants, surtout lorsqu’il s’agit de comparaisons pays à pays.

Nous avions mis en parallèle, voici quelques années, l’exemple de deux commerciaux, l’un en France, résidant en banlieue parisienne, l’autre outre Rhin, citoyen de Hambourg. Notre compatriote rend visite à un client grenoblois, quand le hambourgeois va à Munich (distances comparables). Avec des collections encombrantes à montrer, train ou avion impossibles. Donc, autoroute, avec en France, un péage coûteux, en Allemagne, rien à régler. (N’ajoutons même pas que le commercial allemand peut rouler à vitesse libre sur autoroute, alors que le français guette les radars et risque une récolte de prune, quelle que soit la saison. Et encore moins, gare aux critiques, qu’en poussant de 130 à 160 km/h, vitesse courante sur les autoroutes teutonnes**, il peut économiser au moins 1h30 de trajet, et autant à défalquer du coût du travail accompli). Il va de soi que l’incidence du péage doit intégrer celui du travail, détail dans lequel on sent déjà les différences apparaître.

Mais un individu qui travaille n’est pas tenu dans l’air, par généreuse sustentation. Il lui faut quelques mètres carrés (d’où l’incidence du prix de ce mètre carré), de quoi s’installer (mobilier), se chauffer, s’éclairer, bénéficier d’un peu de ménage régulier, d’une installation téléphonique, d’un ordinateur… C’est dans l’oubli ou dans la sous-évaluation de certaines de ces composantes que bien des créateurs d’entreprises connaissent des difficultés inattendues ou même l’échec. Qui plus est, hors des secteurs de l’administration et des services publics, toute heure de travail est faite pour être vendue, noyée dans le prix d’un produit ou d’un service. Malheureusement, il est rare qu’une équipe soit en permanence strictement dimensionnée pour un volume de travail idéal. L’heure de travail « non vendue » doit également être prise en compte. Y compris dans les incidences de paramètres multiples tels que l’absentéisme, les congés, le temps de formation, les éventuelles (mais fréquentes) ruptures de stocks, qui peuvent bloquer des lignes de production. Ou, dans les allées d’un point de vente, réduire à néant (sauf côté salaire) le travail d’un vendeur n’ayant pas le produit demandé par un client (et ne sachant pas dériver vers un autre).  Le simple calcul ne fait pas partie du monde du travail. La simplification excessive comporte des risques de graves complications.

* Qui plus est, le constat d’un coût du travail en repli, mettant notre pays loin dans le classement devrait être perçu comme « l’heureux » mal nécessaire à un redéploiement de l’emploi. En fait, ce recul montre surtout que les emplois les plus élevés, et donc davantage rémunérateurs, s’émoussent ou s’évadent.  
** Les routes allemandes, à circulation comparables, restent moins meurtières que les nôtres…

Source DVSM

 

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