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Les destructions de magasins reviennent mais n’émeuvent pas grand monde.

La destruction de magasins par des manifestants, voyous, casseurs et compagnie est devenue une constante. Laquelle évolue dans une relative indifférence, une sorte de « même pas mal » dont s’accommoderait la société. 

DVSM, 16 juin 2020. Au cours des trois derniers jours, lors de manifestations et échauffourées, des magasins ont à nouveau été détériorés. Dans une époque luxuriante en bla-bla, qui voit mille et un sujets de société débattus à longueur de talk-shows, un élément fondamental semble passer à la trappe. Rares sont en effet ces commentateurs débatteurs qui prennent la peine de développer un tant soit peu ce dont il est question, à savoir la gravissime et redondante mise hors service violente de l’outil de travail de personnes qui mettront parfois un temps considérable pour retrouver ce qui leur permet de gagner leur vie.

La mise à sac du Fouquet’s fut dans ce sens plutôt représentative. Les évocations du caractère d’établissement supposé de luxe* furent omniprésentes, se substituant largement au constat pragmatique qui aurait dû dominer de loin toutes les prises de paroles. C’est à se demander si son positionnement** n’a pas été jusqu’à provoquer quelques élans joyeux chez les destructeurs anonymes qui, pour le Fouquet’s, les MacDo, les banques, les magasins d’habillement et tout ce qui vit d’une vitrine et de rayonnages, ne cessent depuis bientôt deux ans (au moins) de répandre quasi impunément leurs redoutables actions. A Paris, mais aussi dans de nombreuses villes de province, revient cette hantise, dès que des protestations doivent se manifester dans la rue, de voir vitrines brisées, stocks pillés. Il est indispensable de prendre la mesure de cette situation qui, après une année de gilets jaunes et les mois de déconfinement (et avec un commerce qui reste dans des conditions de vie au ralenti, mesures barrières aidant) reprend vigueur et promet de nouvelles épreuves…!

Le pire est que, à la différence des policiers qui tentent de s’opposer à leurs méfaits en prenant des risques physiques et encourant de sévères sanctions en cas égratignures fortuites sur les gentils casseurs, ces hordes de barbares ne sont finalement que fort peu inquiétées. Une incongruité qui prend en partie sa source dans une inacceptable mollesse de la gent médiatique. Laquelle démontre au quotidien que lorsqu’elle souhaite insister sur un sujet, elle sait le faire avec brio. Il est vrai qu’il est plus courant de qualifier le monde du commerce de clan des supposés riches (ce qui serait une faute), et de lui accoler pas mal d’adjectifs peu élogieux. Au cœur de la nation où des Boucicaut, Cognac-Jay, Darty et autres illustres initiateurs de ce monde du commerce ont exercé une influence bien au-delà de nos frontières, c’est un constat fort déprimant.

* Mais Paris, capitale d’un pays où l’industrie du luxe est l’une des rares à rester parmi les plus performantes de la planète, doit-elle ne présenter, sur les Champs Elysées et à quelques pas de l’Etoile, que de médiocres gargotes graisseuses, des kebabs ou des établissements à des années lumière des traditions culinaires françaises, destinés à des adeptes de l’obésifiante pitance d’une lugubre restauration rapide…?
** Luxe, le Fouquet’s ? Non, haut de gamme, pas davantage. Ce n’est pas un établissement à mettre sur un pied d’égalité avec les palaces parisiens, mais un lieu confortable et stylé, idéal pour de nombreux rendez-vous d’affaires, vite et bien menés s’il le faut, et pour des réunions d’entreprises, des conférences de presse, etc.

Source DVSM

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